
Représentant l'avenir du troupeau, les génisses nécessitent un suivi particulier en vue d'atteindre des objectifs tels que celui des 50 % du poids adulte à un an. Pour aiguiller sur le sujet, une formation était organisée (lire encadré), mardi 25, par la Chambre d'agriculture 22 en partenariat avec le GIE Proralim et le syndicat label limousine à destination d'éleveurs de femelles limousines.
"J'ai moi-même suivi la formation il y a un an et demi, indique Vincent Troël, éleveur de limousines en label à St-Gilles Pligeaux (22) et chez qui se déroulait la visite de l'après-midi. À sa suite, j'ai changé des éléments de conduite sur mon troupeau." Ce dernier comprend les 50 vaches allaitantes du père de Vincent, Dominique, ainsi que les dix vaches allaitantes de Vincent. Les mâles sont engraissés en jeunes bovins et toutes les femelles sont élevées mais elles sont triés, à 2 ans, pour la reproduction (une vingtaine) ou pour le label. Particularité de l'exploitation, l'essentiel des vêlages a lieu en été. "À l'origine, ce choix a été fait en raison des pics de travail entraînés par l'activité poules. Réaliser les vêlages en juillet - août limitait les soucis sanitaires et entraînait des facilités de surveillance. Les premiers JB étaient vendus en janvier - février, ce qui n'était pas mal", commente Dominique Troël. Inconvénient de la technique : les veaux profitent peu de la pousse de l'herbe mais la région, très froide, y est moyennement favorable.
Alimentation plus soutenue
L'alimentation après le sevrage a été modifiée. "Nous complémentons les veaux au nourrisseur durant leurs premières années avec un mash, poursuit Vincent Troël. Cela a permis d'homogénéiser les lots." Lors de la mise à l'herbe, autre nouveauté, les meilleures parcelles sont désormais réservées aux génisses, ce qui n'était pas le cas auparavant. "L'une des règles d'or de l'élevage des génisses, confirme Thierry Offredo, de la Chambre d'agriculture 22 et animateur de la formation, est d'utiliser au maximum le pâturage. Par ailleurs, les fourrages utilisés doivent être de qualité. Enfin, la première année de l'animal étant particulièrement importante, il faut porter une attention particulière aux qualités maternelles des mères, d'où l'importance de la génétique."
La conduite des Troël leur permet d'aboutir à des poids de carcasse de 427 kg pour les JB à 19 mois, 350 kg pour les génisses non vêlées de 30 mois, 375 kg pour les génisses de 41 mois avec un vêlage et 379 kg pour les vaches. Les exploitants travaillent avec Bovins Croissance et apprécient l'intérêt de cet "œil extérieur" sur le cheptel. Leur priorité n'est pas d'obtenir des tailles d'animaux impressionnantes, mais plutôt d'aboutir à de bonnes conformations, avec pour objectif un maximum d'animaux classés U. Le pourcentage d'animaux dans cette catégorie est actuellement de 25 – 30 %.
Les besoins du label
Intervenant à la journée de formation, Pauline Caro, animatrice au GIE Proralim, a justement rappelé les besoins du label. "La demande se fait surtout sur des animaux de moins de 5 ans, a-t-elle relaté. Nous avons des catégories d'animaux de 28 à 48 mois, de 48 à 60 mois et de plus de 60 mois. Les mieux valorisés sont ceux de 28 à 48 mois." Enfin, Thierry Offredo a insisté sur l'importance de calculer, sur son élevage, les coûts (alimentaire, charges de structures, etc) entraînés par l'atelier génisses. Le coût alimentaire (273 euros chez les Troël) peut ainsi varier de 150 à 450 euro par génisse.
Anne-Laure Lussou
Photo : Chez les Troël (St-Gilles Pligeaux, 22), l'objectif des 50 % du poids adulte est désormais atteint.