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ETA d'Armor Kergrist-Moëlou (22) / Vivre l’entreprise à trois
 
J'ai toujours vécu dans le milieu des entreprises de travaux agricoles. Salarié à l'ETA d'Armor, mon objectif était de m'installer. J'ai saisi l'opportunité en 2006", explique Grégory Philippe. L'entreprise a été créée en 1975 par Claude Philippe, puis transformée en SARL en 2000 pour associer les 2 salariés, Michel Le Guillou et Dominique Le Bihan. Embauché en 2003, Grégory est devenu associé en 2006, en remplacement de Claude Philippe.  

Une formation adaptée

Le jeune entrepreneur (24 ans) n'envisageait pas de s'installer sans une formation adaptée. "Mon bac Pro agro-équipement m'a formé en conduite et en mécanique. J'avais besoin de connaissances supplémentaires, pour être entrepreneur". En 14 semaines (sur 2 hivers), la formation "brevet entrepreneur des territoires" lui a permis d'être mieux armé en gestion administrative et financière, en relations humaines et obligations sociales.
L'ETA d'Armor, c'est aujourd'hui 3 associés, un salarié permanent, un apprenti et des saisonniers. Avec ses 7 tracteurs de 100 à 250 cv, 3 moissonneuses, 2 ensileuses, elle réalise tous les travaux du semis à la récolte, en passant par l'épandage. La société permet de partager les responsabilités. "On fait le point tous les matins. Chacun est responsable d'un domaine, mais nous sommes tous sur le terrain pour conduire les machines".

Partager le stress

Etre trois permet de partager les soucis. La dernière moisson a été dure psychologiquement. Les clients sont exigeants et demandent des délais courts. "Dans ce métier, le problème n'est pas le nombre d'heures passées sur les machines car elles sont confortables. C'est plutôt le stress lié aux appels des clients, multipliés par la généralisation des portables", souligne Michel.   
Les investissements sont lourds. Une ensileuse 6 rangs coûte 170  000 euros. L'innovation est l'atout d'une ETA. "Nous sommes à l'écoute des clients. Mais l'achat d'un matériel innovant ne peut se faire sans avoir un nombre d'hectares suffisant pour amortir la machine".

Des échanges

La maîtrise des charges passe aussi par les échanges. C'est le cas, depuis 2002, entre l'ETA d'Armor et l'ETA Leroux de Val d'Izé (35), distante de 200 km. Un partenariat gagnant-gagnant. "Ils viennent nous aider pour la moisson car il nous manquait une moissonneuse. En contrepartie, nous les aidons pour l'ensilage, car ils n'ont qu'une ensileuse", explique Dominique. Ce partenariat évite d'investir dans des machines supplémentaires difficiles à rentabiliser. Chaque ETA réalise environ 10 jours de travail chez l'autre. Celle qui reçoit planifie et dirige le travail. "On ne reviendra pas en arrière, chacun trouve son compte et les clients sont servis à temps".
Les associés se préoccupent de la prochaine campagne maïs. Le planning se fait 10 à 15 jours à l'avance pour une saison qui dure plus de 3 semaines. "C'est une période qu'on apprécie, notamment pour la convivialité. Contrairement à la moisson, les entrepreneurs prennent en effet le repas de midi sur l'exploitation. C'est une bonne occasion pour mieux se connaître et resserrer les liens avec les clients".

Patrick Bégos

Légende photo : Les 3 associés de l'ETA d'Armor. De gauche à droite : Grégory Philippe, Michel Le Guillou, Dominique Le Bihan.  


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Septembre au 5 Octobre 2007
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