
Les responsables ovins de Bretagne, Pays de la Loire et Normandie ont profité du Space pour échanger sur l'évolution du plan de relance ovine dans l'Ouest, avec Guy Personne, président de la Commission ovine du Gie Lait-viande de Bretagne et Bernard Martin, président de la Fédération nationale ovine.
Pérenniser la production
En Bretagne, on peut se féliciter du résultat du plan de relance, qui a dynamisé la filière et fait progresser le nombre de brebis. On totalise, environ 56 000 brebis, dans la région. "Compte tenu du nombre d'éleveurs de plus de 50 ans, il convient d'être attentif au renouvellement des générations. L'objectif est de pérenniser la production existante en ayant des outils reprenables, de taille correcte et ayant une bonne productivité pour dégager un revenu", souligne Guy Personne.L'un des atouts de la Bretagne est d'avoir une filière organisée. "Sauvegardons les ateliers existants en étant crédibles sur les installations. Il faut savoir dire non aux projets qui ne sont pas viables. Et parallèlement, aider les jeunes motivés par la production en les parrainant". La recherche de foncier disponible est l'un des soucis majeurs dans certains secteurs de Bretagne.
Un métier très technique
La formation est bien entendu un levier important dans la réussite d'un projet. La mise en place d'une formation spécifique ovine au Nivot et les journées organisées à Mauron offrent une palette intéressante pour celui qui veut démarrer ou compléter sa formation. "La production ovine est un métier très technique, où il faut atteindre rapidement un bon niveau de productivité", déclare Alain Gouédard, conseiller ovin à la Chambre d'agriculture.
Le yo-yo des prix à certaines périodes de l'année pénalise le revenu des éleveurs, notamment quand ils travaillent par lots. La baisse de février, par exemple, ne s'explique pas. "Il faut construire de nouvelles relations commerciales entre la filière et les GMS".
Plus de synergie
En Bretagne, les signes officiels de qualité apparaissent surtout au travers de la CCP "agneaux de nos régions", à laquelle adhèrent 13 à 14 groupements français. "Au niveau du grand Ouest, une meilleure concertation et plus de synergie entre les groupements seraient souhaitables", ajoute Guy Personne. Le GIE pourrait être le catalyseur de cette démarche.
La présence de Marianne Orlianges, de France Upra Sélection, a permis de faire le point sur le dispositif génétique. Au niveau européen, il est possible de financer la génétique mais il ne peut y avoir d'aides à l'achat ni à l'insémination artificielle. Il reste à trouver les solutions pour que les transferts financiers puissent se faire, vers les éleveurs, avec l'accord de Bruxelles.
A court terme, l'inquiétude porte sur la progression de la fièvre catarrhale vers la Bretagne avec ses éventuelles conséquences : blocage des mouvements d'animaux, risque de mortalité et d'infertilité dans les troupeaux contaminés. Il convient d'être très vigilant dans l'introduction des reproducteurs.
Patrick Bégos
Légende photo : De gauche à droite : Alain Gouédard, conseiller ovin à la Chambre d'agriculture 35 et Guy Personne, président de la Commission ovine GIE Lait viande.