
La maladie avait, jusqu'à présent, assez peu fait parler d'elle dans l'Ouest. Mais la propagation du virus (réalisée par des moucherons), avec deux nouvelles confirmations de cas la semaine dernière dans l'Yonne et la Seine-Maritime, ainsi que sa virulence particulière cette année, rendent la menace aujourd'hui plus présente. En France, le nombre total de cas de fièvre catarrhale ovine (FCO) était, au 14 septembre, de 549, contre 246 la veille. 24 départements se trouvaient à cette date en totalité ou en partie en "zone de protection" et 21 autres en "zone de surveillance", ce qui limite dans les deux cas très largement les déplacements d'animaux et handicape gravement le commerce.
Pour l'Ouest, difficile de prédire la situation à venir. "Notre région peut être concernée indirectement avant l'hiver et avant le sommeil des moucherons. Ainsi les règles de surveillance touchent aujourd'hui déjà le Calvados dans la région voisine de la nôtre, alors qu’aucun n’a été révélé dans ce département", indique Gérard Argenté, vétérinaire au GDS 22.
"Il convient que chacun soit vigilant et que chaque éleveur puisse si nécessaire avertir son vétérinaire en cas de suspicion", insiste-t-il. La maladie inquiète particulièrement cette année car il s'agit d'un virus plus virulent que l'année dernière. La situation la plus critique est celle des ovins touchés. Pour cette espèce, la mortalité peut atteindre 10 % du troupeau. Chez les bovins, le virus entraîne plusieurs symptômes qui se soldent par une chute de production. Concernant les consommateurs, il n'y a absolument aucun risque.
Signes visibles : des écoulements
Des signes visibles sur le bovin doivent alerter l'éleveur car ils peuvent entraîner une suspicion : écoulements et irritations au niveau du nez et de la bouche, fièvre atteignant rapidement 40, trayons enflés et rouges, œdèmes du pied d'où boiteries. Dans tous les cas, le premier réflexe est d'avertir son vétérinaire. Les bovins se remettent de la maladie mais les conséquences restent lourdes à l'échelle de l'exploitation ainsi qu'en terme de commerce.La seule solution permettant de mettre un terme à la propagation de la FCO, encore appelée maladie de la langue bleue, est la vaccination. Un vaccin adapté au type de virus circulant cette année est en cours d'élaboration et est annoncé pour 2008. Reste à savoir s'il arrivera suffisamment tôt pour stopper le virus qui handicape déjà de nombreux départements, notamment dans le bassin allaitant. La plus grande précaution est donc de mise concernant les déplacements d'animaux.
Anne-Laure Lussou
Légende photo : Rougeurs et ulcérations de la mamelle, irritations du naseau sont des symptômes caractéristiques de la maladie