
En sillonnant la campagne finistérienne, on aperçoit des parcelles de maïs atteintes d'helminthosporioise. "Le plus fort des attaques a lieu dans le sud du département", indique la Chambre d'agriculture.
La maladie, causée par un champignon, apparaît après floraison et touche les feuilles. Des tâches allongées (larges de 1 à 2 cm et longues de 5 à 10 cm), dont le pourtour est plus clair, se développent parallèlement aux nervures et provoquent le dessèchement de feuilles, parfois rapidement.
Les attaques sont diverses suivant les parcelles. Dans certains cas, seul le pourtour est touché, dans d'autres, la maladie est présente dans le milieu de la parcelle. La situation géographique de la parcelle a aussi un rôle : les parcelles en bordure de route, en fond de vallée ou exposées aux vents peuvent être plus contaminées. La progression de la maladie sera fonction des conditions climatiques et du potentiel infectieux de chaque parcelle. La vitesse d'évolution est variable selon les variétés.
Le cycle du champignon est favorisé par une succession de maïs sur la même parcelle et par la présence de résidus de récolte. Actuellement les moyens de lutte connus sont préventifs et consistent à :
- Utiliser des variétés tolérantes,
- Effectuer des rotations de culture,
- Broyer et enfouir précocement les résidus.
Des solutions de lutte chimique existent avec des fongicides homologués. Ces produits ont une action préventive et peu curative. Ils sont appliqués dans d'autres régions dès la floraison lors des contaminations. Pour limiter la casse sur les plantes, le matériel idéal pour l'application est l'enjambeur.
L'intérêt d'un tel traitement est à évaluer :
- Il est moindre sur des maïs au stade grains laiteux. Une fois ces cultures touchées, l'assimilation ralentit et stoppe, d'où des petits grains. C'est le cas généralement où la maladie est bien installée : les fongicides n'auront qu'une faible action.
- Pour des maïs venant d'être fécondés où les grains ne sont pas formés, le traitement pourrait se justifier afin de limiter la progression de la maladie et d'obtenir une récolte en grain.
Les parcelles sont donc à surveiller. L'ensilage est à privilégier sur les parcelles bien touchées. Il peut se faire de façon précoce avant dessèchement total, même si les grains ne sont pas très mûrs : "Il sera de moindre qualité et attention à la conservation", préviennent les conseillers cultures de la Chambre d'agriculture qui invitent les agriculteurs ayant des parcelles touchées à les contacter afin d'effectuer un recensement territorial.
Légende : Des parcelles du Sud-Finistère sont parfois déjà bien touchées.