
L'année 2007 aurait dû être l'année des agriculteurs. Mais comme témoignait récemment un éleveur : "Pour une fois que les prix sont là, les rendements sont absents…". La mauvaise année climatique est venue jouer les trouble-fête. Ce qui est vrai pour les céréales, les cultures fourragères, l'est aussi pour les échalotes (lire par ailleurs).
"Les céréales ne sont pas trop chères"
"Une chute des rendements de blé de 30 à 50 %, une qualité médiocre du grain, une diminution de 50 % en paille et une qualité nutritive du foin insuffisante. Autant d'éléments qui laissent présager un hiver difficile", se désole Thierry Merret, président de la FDSEA. Le préjudice s'annonce d'autant plus important que la flambée de prix n'épargne pas les matières premières agricoles. Mais sur ce sujet, le président de la FDSEA affirme sans hésitation que "les céréales ne sont pas trop chères. C'est le prix des viandes qui ne suit pas la hausse".
"Depuis une vingtaine d'années, le prix payé aux producteurs n'a eu de cesse de diminuer alors que les exigences environnementales, sanitaires et sociales devenaient de plus en plus importantes", rappelle pour sa part André Quenet, secrétaire général de la Fédération, qui veut aller au-devant du consommateur pour lui expliquer que "l'alimentation prendra une place plus importante dans son budget". Et de citer ces chiffres que l'on oublie dans notre société de l'abondance : "Depuis 40 ans, la part de l'alimentation n'a eu de cesse de diminuer dans le budget des ménages. De 35 % en 1960, elle représente aujourd'hui 14 %".
La rentrée syndicale est aussi l'occasion de rappeler à l'ordre la grande distribution qui, dit la FDSEA, ne "doit pas augmenter irrationnellement le prix des produits en rayon". Car, argumente le syndicat, "une augmentation du prix à la production n'est pas synonyme d'une augmentation des prix aux consommateurs. Pour preuve, en 40 ans, le prix des produits agricoles a été divisé par 2 alors que le prix à la consommation n'a diminué que de 14 %". Et T. Merret, tout en demandant à l'État de "jouer un rôle moralisateur", d'apporter un élément de réponse interne : "Les filières doivent accentuer l'organisation de l'offre. Ce chantier est urgent".
D. Le Du
Légende : De gauche à droite : André Quenet, secrétaire général de la FDSEA; Thierry Merret, président ; Claire Loiseau, directrice.