
Sur l’exploitation légumière d’Hervé et de Dominique Guézou à Pléhédel, la culture du coco de Paimpol représente le quart du chiffre d’affaires. 10 à 12 ha y sont consacrés chaque année. De mémoire de producteurs, les deux frères n'ont pas le souvenir d'avoir connu une saison aussi difficile. "Les semis s'échelonnent habituellement du 15 avril à la fin juin, pour permettre d'étaler la production d'août à octobre pour le ramassage manuel, explique Hervé. Nous semions cette année dès que l'on pouvait". Les précipitations n'ont pas laissé d'autres alternatives possibles. Une situation problématique pour les derniers semis qui ont débordé sur le mois de juillet. "La plante ne s'est pas développée du fait du manque de températures" explique Maurice Guéguen de l'UCPT. La sanction est tombée rapidement. Quelques parcelles dans la région, sur lesquelles les espoirs de récolte étaient nuls, ont été détruites.
Cherche plumeurs
Conséquence prévisible du regroupement des semis, le ramassage des haricots demi secs est aujourd'hui perturbé. Les parcelles arrivent ensemble à maturité. Se rajoute à cette contrainte des fruits très hétérogènes sur le plant, à différents stades de maturation. "Les pertes sont importantes à la récolte, constate Dominique. Les ramasseurs doivent effectuer beaucoup de triage". Des faibles quantités mais une récolte de qualité. L'état sanitaire actuel est bon. "Pour le moment, soupirent les producteurs. Nous allons devoir récolter à 120 jours, ce qui pourrait entraîner des problèmes de qualité et davantage de pertes". Les craintes se dirigent également vers la fin de saison où se fait souvent sentir le problème récurrent du manque de main d'œuvre, la partie "prenante" de la culture.
"Le décalage du ramassage fait qu'une partie des saisonniers sera absente pour le gros de la récolte, prévu vers la mi-septembre". La presse locale, le bouche à oreille et l'Anpe sont régulièrement sollicités. Avec peu de résultatspour l'instant.
Une impasse agronomique
Par rapport à 2006, les volumes sont en chute libre. "1 500 tonnes ont pour le moment été récoltées cette année contre 4 200 l'année dernière" constate Maurice Guéguen. L'année dernière, ce sont 8000 à 9000 tonnes qui ont été déclarées en AOC, auprès de 450 à 460 producteurs sur une surface de 1 200 ha. Des volumes qui ne seront pas atteints cette année, "avec une diminution de la surface de l'ordre de 15%, dus aux mauvaises conditions de semis".
Le résultat de cette offre limitée, les cours se tiennent : après un début de saison à 3 euros le kilo, le prix payé au producteur atteint 1,50 euro. Pas assez pour rassurer les producteurs qui craignent de ne pouvoir répondre à la demande de coco la saison prochaine : l'interdiction d'utilisation du principal désherbant en haricots les laisse pour le moment dans une impasse agronomique.
Bertrand Caro
Légende : De jolis grains mais une gousse qui n'e s’est pas remplie. "Par rapport aux conditions, la plante se discipline" explique Hervé Guézou, producteur à Pléhédel.