
La flambée du prix des céréales est liée à un déséquilibre croissant de l'offre et de la demande sur le plan mondial. L'augmentation très importante des besoins des pays émergeants et l'utilisation industrielle dopent la demande. Les mauvaises récoltes et la baisse volontaire des stocks stratégiques limitent l'offre.
Les céréales constituent 70 % de l’aliment porc. En conséquence, le prix moyen de l’aliment charcutier est passé de 158 ? par tonne en 2006 à plus de 235 ? par tonne en 2007. Le coût de production d’un kilogramme de porc, selon les calculs de l'Ifip, est passé de 1,238 ?/kg en 2006 à 1,57 ?/kilogramme en août 2007.
L’augmentation du prix des céréales dans les semaines et mois à venir devrait accentuer cette situation. Le coût alimentaire représente désormais 66 % du coût de production. En une seule année, les gains de compétitivité gagnés en quinze années ont été perdus.
Deux marchés indépendants
Les prix des céréales et le prix de la viande ne sont absolument par en interférence l’un par rapport à l’autre. Il s’agit de deux marchés économiques parallèles qui ont leurs propres règles de fonctionnement. Ainsi, en même temps que les éleveurs de porcs ont vu augmenter leur coût de production de 0,33 ?/kg, le prix de la viande de porc payé aux éleveurs est passé sur une période de 34 semaines de 1,40 ?/ kg à 1,24 ? / kg.
On peut estimer qu’en 2007, le déficit pour un éleveur s’élèvera à 12 euros par porc produit, ce qui devrait induire une perte, pour un élevage de 170 truies naisseurs engraisseurs, de 45 000 euros.
Compte tenu des tendances conjoncturelles, on peut s’attendre dans les semaines et mois à venir, à ce que le prix des céréales poursuive sa hausse alors qu’en parallèle, le prix du porc diminue, accentuant le déficit des éleveurs. En effet, le prix de la viande est au plus haut en été au moment où la consommation saisonnière est à son maximum. Sur la fin de l’année, on observe toujours un repli des prix payés aux producteurs.
Augmenter les prix de la viande à la distribution
Pour compenser les hausses observées au stade de la production, l'Ifip a calculé le niveau que la hausse du prix des pièces de découpe et des produits issus de la filière porcine devrait atteindre pour les consommateurs. Une hausse de 32 centimes du coût de production au stade de l’élevage devrait se traduire, au stade de la découpe primaire, par une hausse de 50 centimes du kilogramme de jambon frais.
Au niveau du consommateur, cette même hausse du coût de production devrait se traduire par une hausse des prix dans les linéaires de 7% à 9% soit environ 60 centimes d'euros pour un kilo de côtes. Non répercutée, cette hausse des coûts condamnerait de nombreux producteurs et engendrerait, au final, une baisse de l’offre avec une inflation non maîtrisable sur les prix de la viande.
Bernard Laurent
Source Inaporc
Légende : Une hausse de 7 à 9% dans les linéaires serait nécessaire pour amortir la hausse du prix de l’aliment