
En associant nos compétences, nous participons à muscler la filière porcine française en l'adaptant à la dimension du marché » déclare Guillaume Roué, président du conseil de surveillance de la nouvelle SA industrielle. Le groupe Cecab et la société Gad regroupent leurs outils industriels porcins et notamment les abattoirs Europig à Josselin et Gad à Lampaul Guimiliau. Dans le même temps, les groupements de producteurs Prestor et Cecab porc, qui approvisionnent ces outils d'abattage, fusionnent. L'association des deux groupements constitue une SAS de production qui entre à 49% dans le capital de la SA industrielle. Le groupe Cecab détient 41% des parts et les banques, Unigrains, Crédit Agricole, 10%.
« Au-delà de nos valeurs communes, nous avons joué sur la complémentarité dans un souci de rentabilité économique. Il n'y a pas de problème de leadership capitalistique » déclare Jean Michel Jannez, directeur du groupe Cecab. Les 680 producteurs du nouveau groupement produiront 2,2 millions de porcs par an, ce qui le place au deuxième rang national. Au niveau industriel, la capacité d'abattage sera portée à 60000 porcs par semaine. « L'alliance permettra de valoriser au mieux la production en apportant de la valeur ajoutée ». La complémentarité des gammes, des outils, des compétences et la diversité des marchés ouvrent, selon les dirigeants, de nouveaux débouchés profitables aux producteurs.
30 millions d'euros d'investissement
Loïc Gad, président du directoire de la SA industrielle se réjouit de la nouvelle dimension acquise grâce à cette fusion. « Nous allons réaliser 30 millions d'euros d'investissements dans les cinq ans à venir sur nos différents sites ». 400 à 500 emplois seront ainsi créés. « Nous allons doubler la production de produits élaborés sur le site de Lampaul, où 10 millions d'investissement sont prévus ». A Josselin, un investissement du même ordre est prévu pour moderniser et développer l'usine.
Le nouveau groupe se dote de moyens de recherche plus importants et table sur l'innovation pour répondre aux attentes des consommateurs. Il pèsera, à terme, 20% du marché de la distribution. La présence, au sein du nouveau groupe, d'une société de négoce international apporte une meilleure expertise des marchés mondiaux. « Elle permet ainsi une valorisation optimisée des produits issus des différentes activités sur les marchés européens et internationaux ».
La restructuration des équipes techniques des groupements se fera naturellement autour des deux pôles existants, l'un en Finistère, l'autre en Morbihan.
De telles alliances contribuent à enrayer les problèmes liés à l'atomisation de la production française, assurée par 20000 producteurs répartis en 77 groupements. Cette union à deux n'est probablement qu'une première étape. Les dirigeants de la nouvelle structure n'ont pas caché leur volonté d'ouverture une fois la fusion assimilée.
Bernard Laurent
Légende : Francis Coadou, Michel Guernevez, Antoine Peyronnet, Loïc Gad, Guillaume Roué, Alain Morice, Jean Michel Jannez et Roger Capitaine lors de la présentation de la nouvelle structure