
Élever de la salers au sein d'un troupeau mixte et avec de très bons résultats, c'est crédible, martèle Jean-Louis Hervagault, président de l'Association Salers de l'Ouest. Et c'est ce que nous voulions montrer en organisant cette journée." Pour leur porte ouverte, toujours organisée autour d'un thème précis, les éleveurs de l'association se sont retrouvés, mercredi 5, chez Marie-Claire et Camille Laurent, à Lannion. Deux éleveurs qui "pratiquent" la Salers depuis déjà quelques années... "J'ai découvert la race lorsque que je faisais mon service militaire, en 72, raconte Camille. Nous nous sommes installés en 80 et nous avons acheté 13 broutardes Salers, en provenance du Cantal, en 87." Aujourd'hui, le troupeau compte 42 laitières et 36 vaches Salers. Les mâles Salers sont vendus en jeunes bovins autour de 21 mois tandis que les femelles sont vendues en broutardes, pour la reproduction, à des particuliers.
L'une des particularités du troupeau allaitant est la répartition de ses vêlages : ils se déroulent à trois périodes de l'année (automne, janvier-février et juin-juillet). "Cela nous permet de répartir les ventes, de faire de petits lots pour une meilleure exploitation des parcelles (le parcellaire est dispersé) et de limiter le besoin de place en bâtiment", explique Camille. Les vaches rentrent progressivement en stabulation. Les bâtiments sont peu concentrés en animaux, ce qui permet aux éleveurs d'avoir très peu recours aux soins vétérinaires. Seul des vermifuges (tous les animaux au sevrage, les génisses avant d'être saillies et à la rentrée en stabulation, les vaches au cas par cas) sont réalisés.
Des vêlages sans stress
Autre particularité de l'élevage, l'excellente réussite des vêlages, pour lesquels les deux éleveurs ont peu à s'inquiéter. Depuis trois ans, le pourcentage de veau mort est de 0 %. Les performances de reproduction sont très bonnes : l'intervalle vêlage vêlage était, sur la campagne 2005-2006, de 348 jours. Un résultat notamment permis par le "coup d'œil" de l'éleveur pour s'assurer que les vaches sont en chaleur. Marie-Claire et Camille ont recours à l'IA tous les deux ans sur une dizaine de vaches, les meilleures. "Elles retiennent toutes du premier coup." Et quand il ne s'agit pas d'IA, deux taureaux, achetés à l'extérieur ou provenant de l'insémination sur des vaches de l'élevage, assurent la reproduction. Un soin particulier est apporté aux choix génétiques. "Il faut être toujours vigilant", insiste Camille.
Autre particularité, en matière d'alimentation cette fois, les éleveurs distribuent de l'ensilage de seigle/trèfle incarnat dans la ration hivernale jusqu'en février. La mise à l'herbe a lieu fin mars et les éleveurs pratiquent le pâturage tournant sur trois parcelles. Enfin, du foin est mis à disposition des animaux en permanence.
Anne-Laure Lussou
Légende : Camille Laurent, éleveur à Lannion, est tombé sous le charme de la Salers dès 1972.