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LAIT / La baisse de fertilité en Prim'Holstein : Des leviers pour y remédier
 
La fertilité des vaches Prim'Holstein a beaucoup baissé en 20 ans. En 2006, seulement 42 % des vaches étaient fécondées dès la première insémination. "Depuis 4 ans, la fertilité des génisses dégringole, notamment chez les éleveurs qui pratiquent le vêlage à 24 mois", note encore Jean-Michel Philipot, vétérinaire à l'Urcéo.

D'où cette enquête menée sous l'égide de l'union des centres d'insémination (UNCEIA) dans le cadre du programme Fertilia et qui s'est intéressée aux pratiques de 135 élevages Prim'Holstein dont 38 sur la zone Urcéo. "4 700 vaches à plus de 8 000 kg de lait ont ainsi été suivies pendant un an".

Si l'enquête n'apporte pas de recette toute faite, les observations réalisées en élevage pointent cependant du doigt les pratiques susceptibles d'améliorer les résultats de fécondité.

Inséminersur chaleur vue

"5 % des vaches sont inséminées alors qu'elles ne sont pas en chaleur. Dans certains élevages, la proportion atteint même 10 %", chiffre le vétérinaire de l'Urcéo. Il ajoute : "Le taux de non-chaleurs est plus fort chez les éleveurs qui utilisent les prostaglandines. Notamment après la deuxième injection où l'insémination se fait à l'aveugle. Cette insémination systématique n'est donc pas une bonne idée. Il faut inséminer sur une chaleur vue".

L'usage des prostaglandines est en fait à réserver aux vaches cyclées. "Faut-il rappeler, en effet, que les prostaglandines, en détruisant le corps jaune, permettent le développement d'un nouveau follicule. Or, chez une vache en repos, il n'y a pas de corps jaune. Tout comme les prostaglandines sont sans effet sur les corps jaunes persistants (kystes). Bref, si sur 6 vaches cyclées sur 10, la recette marche, sur les 4 autres, l'injection est sans effet". Avec cette question que l'éleveur doit se poser avant de prendre la seringue : "Avec de fortes productions, faut-il déclencher les chaleurs avant 60 jours ?" Pour le vétérinaire de l'Urcéo, la réponse se trouve partiellement dans la question : "S'il n'y a pas de chaleur, c'est qu'il y a une raison : forte lactation accompagnée d'amaigrissement, vêlage difficile responsable d'une métrite, etc. Il ne faut donc pas se précipiter".

Noter toutes les chaleurs

L'enquête révèle encore que noter les chaleurs est un moyen efficace pour améliorer les résultats. "Les élevages qui ne notent rien enregistrent un taux de gestation de 17 %. Certes, la non-utilisation du planning de reproduction ou du calendrier de fertilité n'explique pas tout, mais cette mise en parallèle attire l'attention", souligne J.M. Philipot qui y voit "un moins bon repérage des vaches en chaleur, donc des inséminations parfois trop tardives". Quant à ceux qui notent toutes les chaleurs, le taux de gestation atteint les 49 %.
L'enquête pointe également la taille du troupeau. Et plus que la taille, c'est la mauvaise communication entre associés qui peut expliquer des mauvais résultats. Autrement dit, il ne suffit pas de voir la vache en chaleur, il faut aussi le dire à celui qui s'occupe de la reproduction sur l'élevage. "Dans ces situations, la solution peut être la conduite en lots".

L'acte d'insémination en tant que tel n'est pas non plus sans conséquence sur la réussite. "Une vache moins bien positionnée par rapport à l'inséminateur sera moins facilement fécondée". Une IA en couloir anti-recul ou en box avec cornadis donne les meilleurs résultats. En tout cas, mieux vaut proscrire l'IA en salle de traite ou en logette. Dans les élevages pêchant sur la contention, la fertilité des vaches inséminées est pénalisée de 4 points.

Didier Le Du

 

Légende : En Prim'Holstein, 1 vache en chaleur sur 2 ne se fait pas chevaucher. D'où le conseil suivant : une vache qui renifle une congénère, pose son menton sur sa croupe, etc. et qui renouvèle le geste dans le quart d'heure, est en chaleur.


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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Septembre 2007
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