
Le surcoût lié à l'augmentation du prix des céréales représente 30 centimes d'euros de coût alimentaire par kilo de porc. Il faudra bien le répercuter au niveau des consommateurs ». Laurent Kerlir, dans un premier temps, met en garde contre la tentation de spéculation sur ces céréales. « Il faut un juste prix. Les céréaliers sont conscients de l'enjeu pour les éleveurs. Nous avons besoin d'eux, ils ont besoin de nous. Les aides octroyées à l'hectare de céréales seraient difficilement justifiables avec des prix trop élevés ». Il annonce ensuite des actions vers la grande distribution dans la semaine. « L'augmentation des prix des denrées alimentaires ne peut pas être seulement liée à l'augmentation du prix des matières premières. Le blé n'entre que pour 4% dans le prix de la baguette ». Une bagarre sur le juste prix des produits agricoles va donc s'engager avec les distributeurs dans les prochains jours.
150 euros la tonne de paille : inacceptable
Les mauvaises récoltes, dues aux conditions météorologiques exceptionnelles de l'année, ont entraîné des chutes de rendement de l'ordre de 20 à 30 quintaux par hectare en moyenne sur le département et une baisse du poids spécifique. Ces conditions interviennent sur un marché des matières premières tendu, depuis déjà un an. Concernant la paille, les rendements ont chuté de 50%. « Nous avons demandé aux agriculteurs de ne pas broyer pour limiter la pénurie. La solidarité a joué entre agriculteurs mais aussi entre ETA ou CUMA pour réaliser les récoltes dans des conditions difficiles » s'est réjouit Laurent Kerlir qui a, là encore, fustigé les actes de spéculation. « Les prix annoncés de 150 euros la tonne sont inacceptables ». Face au manque de paille, les éleveurs devront s'en remettre aux solutions techniques, plus faciles à trouver en élevage laitier qu'en aviculture.
Pour éviter ces désagréments à l'avenir, la réduction du taux de jachères peut être une solution mais les responsables de la FDSEA précisent que ces jachères sont une réponse efficace à la préservation de la qualité de l'eau en Bretagne. « Il faut maintenir les bandes enherbées au bord des cours d'eau ».
Les OGM font débat au sein du syndicat
Concernant les cultures OGM implantées dans le département, Laurent Kerlir signale que le débat est en cours au sein du syndicat majoritaire. « Nous n'avons pas de position arrêtée, les avis sont partagés. Nous souhaitons que la réglementation prenne en compte les risques de dissémination aux parcelles voisines ». Les responsables regrettent les destructions de parcelles transgéniques qui pénalisent les efforts de recherche. « Le risque de dépendance future vis à vis de grosses firmes étrangères existe ».
Suite aux problèmes de pollution des fourrages à la dioxine, la FRSEA, les fédérations et les JA des départements 56 , 44 et 35 ont déposé plainte contre X. « Nous demandons à l'Etat d'indemniser les éleveurs car il s'agit d'un problème de santé publique ». Les 7 éleveurs concernés bénéficient d'un accompagnement de la Chambre d'agriculture et des syndicats. Des réunions publiques sont organisées pour l'ensemble des éleveurs de la zone.
Par ailleurs, la disparition définitive de terres agricoles au profit de l'urbanisation et des voies de communication préoccupe les responsables du syndicat. Alain Guihard, en charge du dossier, alerte: « La Bretagne perd 15 hectares par jour. Il faut arrêter le gaspillage de terres et protéger le foncier agricole avec une vision à long terme ».
Bernard Laurent
Légende photo : La rentrée s'annonce chargée pour l'équipe dirigeante de la FDSEA