Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Ille et Vilaine (35)
JA / L'agriculture et l'agro-alimentaire en Bretagne - Deux poids lourds à préserver
 
C'est une tradition chez les JA35 : en avant-première de la Fête de l'Agriculture est organisée chaque année une soirée débat. L'Ille-et-Vilaine accueillant cette année l'édition régionale du concours de labours, les JA ont choisi un thème qui concerne toute la région, à savoir le poids de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en Bretagne. Et le sujet a séduit, à en juger par le public présent, plus de 130 personnes, lors de la soirée du 30 août à Pancé, près de Pléchâtel. Ce week-end, c'est bien Pléchâtel qui accueillera la Fête de l'Agriculture organisé par les JA du canton de Bain (lire encadré). Un canton où la place de l'agriculture est particulièrement importante : 75 % de sa surface, soit 19970 ha, sont utilisés pour l'agriculture. 408 chefs d'exploitation y étaient recensés en 2005. Et la perte d'effectifs y est moins importante qu'ailleurs : entre 1979 et 2000, 46 % des exploitations ont disparu, contre 55 % en Ille-et-Vilaine.

69 000 salariés dans les IAA bretonnes

Venu présenter le poids de l'agriculture et de l'agro-alimentaire bretons, André Souteyrat, de la chambre régionale d'agriculture, a distillé quelques chiffres clés. Région leader pour les productions animales (71 % du chiffre d'affaires régional), la Bretagne fournit 49 % de la production française de dinde, 63% de la production française de porcs charcutiers ou encore 47% de l’emmental. De son côté l'agro-alimentaire emploie 69 000 salariés en Bretagne et dégage un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros. Des bémols assombrissent le tableau : "les exigences sanitaires et environnementales ont amoindri notre compétitivité. Les productions animales sont sensibles à la libéralisation des échanges et à l’évolution de la consommation, a rappelé André Souteyrat. De plus les produits bretons sont souvent standardisés et peu différenciés". Pour le spécialiste, il faut renforcer notre compétitivité en productions animales (notamment en développant de nouveaux marchés pour les produits et co-produits des productions animales) et proposer de nouvelles orientations à la Bretagne, parmi lesquelles le développement des signes officiels de qualité.

Maître mot : s'adapter

Des constats sur lesquels s'accordent les participants du débat. Pour Marc Michel, directeur de la Draf Bretagne, trois axes sont à privilégier à l'avenir, compte tenu notamment de la modification du système d'aides à l'agriculture : "Il faut que les coopératives continuent d'investir. Par ailleurs l'accent doit être mis sur la recherche de la valeur ajoutée et sur la logistique". Le réseau d'infrastructures breton nous a jusqu'à présent permis d'être compétitifs mais, l'Europe se développant à l'Est, la donne change.
"Le défi est toujours le même : le gain de productivité, a pour sa part insisté Gilles Guillomon, de la Chambre d'agriculture 35. Nous sommes pour l'instant parmi les meilleurs en charges opérationnelles. Il faut continuer comme cela et, plus que jamais, capter de nouveaux marchés avec des produits que nous devons davantage transformer." Confiant en l'avenir, Gilles Guillomon déplore néanmoins les mauvaises relations entre mondes agricole et non agricole. Un point auquel sont sensibles les JA, qui souhaitent revaloriser l'image du métier, comme l'a souligné Franck Pellerin, président des JA Bretagne.
Difficile, pour les participants, de deviner l'avenir. Denis Manac'h, président du numéro Un de l'agroalimentaire breton, s'est voulu rassurant, en s'appuyant sur la capacité d'adaptation des éleveurs bretons ("Les problèmes environnementaux, nous les règlerons.") et sur le potentiel de production de la région. "L'atout de la Bretagne, c'est sa production, a-t-il insisté. Nous sommes éleveurs depuis des générations. Or on ne devient pas éleveur du jour au lendemain."
Un précieux savoir-faire est donc à préserver. Enfin, concluant le débat, Frédéric Chevalier, président des JA35, a appelé de ses vœux une meilleure coopération entre éleveurs et transformateurs.

Anne-Laure Lussou

Légende photo : Participaient au débat Gilles Guillomon, élu de la Chambre d'agriculture 35, Franck Pellerin, président des JA de Bretagne, Marc Michel, directeur de la Draf de Bretagne, Denis Manac'h, président de Coopagri Bretagne et Yvon Mellet, président de la communauté de communes de Moyenne Vilaine et Semnon. 


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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Septembre 2007
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