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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°7608 |
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Lait / 41 000 producteurs et un quota de 11 milliards de litres - Le Grand-Ouest, région au fort capital laitier
 
Demain, on continuera à produire du lait dans le Grand-Ouest (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire). C'est l'avis partagé des experts qui sont intervenus au Safir, vendredi dernier, lors d'un débat consacré à l'avenir du plus gros bassin laitier français où coule plus de 50 % du fleuve blanc national.

120 à 150 litres par heure de travail

Plus de 20 ans de fermeture des robinets laitiers avaient commencé à entamer le moral des producteurs. D'autant que, depuis 2001, les prix étaient à la baisse. De nombreux producteurs ont d'ailleurs jeté l'éponge. La légère ouverture des vannes et le renversement des prix donne à nouveau le sourire aux producteurs qui espèrent récolter quelques subsides de cette embellie. Un agriculteur présent demande cependant à voir : "Ces dernières années, les prix agricoles ont baissé de 21 % pendant que les prix consommateur augmentaient de 25 %. Qui s'est mis plein les poches ?".
Plus largement, la question est de savoir si, dans un marché de plus en plus ouvert, l'Ouest sera compétitif avec les autres gros bassins laitiers européens. "En 10 ans, le Danemark a reconstruit toutes les exploitations qui seront pérennes demain", a expliqué Christophe Perrot, chercheur à l'Inra, indiquant que le quota moyen est de 350 000 litres par UTA au Danemark contre 150 000 l dans le Grand-Ouest. Philippe Mathieu, du BTPL, parle lui de productivité horaire 2 fois moins élevée en France : "120 à 150 litres par heure de travail".
Faut-il que le producteur français ait des complexes de cette situation ? C. Perrot indique qu'au Danemark, "les éleveurs ont beaucoup recours à la sous-traitance. Il y a une importante substitution capital-travail", dit-il avant de noter que 40 % des exploitations françaises sont diversifiées et que "celles qui pratiquent la polyculture-élevage dégagent souvent des revenus corrects". Autrement dit, en France, on ne retrouve pas forcément le lien entre rémunération-productivité et spécialisation.
À défaut d'avoir le volume, l'Ouest laitier affiche l'un des coûts alimentaires parmi les plus faibles. "Les conditions pédo-climatiques sont favorables aux fourrages". L'agrandissement des troupeaux et la difficulté de faire pâturer 100 vaches laitières dans un parcellaire souvent éclaté permettra-t-il de garder cet avantage ? Sans compter que cette longueur d'avance sur les charges opérationnelles est souvent rognée par des charges de structure trop élevées. "La mise aux normes pèse. On voit aussi des bâtiments surdimensionnés". Mais ce qui est aujourd'hui un handicap pourrait devenir un atout quand les quotas seront supprimés.

2 à 3 fois moins de lait par hectare

Les intervenants mettent également en lumière la dynamique laitière du Grand-Ouest, impulsée par une population jeune et un tissu de collecte et de transformation relativement dense. "Les jeunes, en général très motivés, ont été nombreux à s'installer en production laitière", observe P. Mathieu en reconnaissant que la politique des quotas a contribué à faciliter ces installations.
Autre atout évoqué : la facilité de transmission d'unités plus modestes. "Ce n'est pas aussi évident avec des exploitations de grande taille. On le voit au Danemark ; on commence à le voir en porc en Bretagne", fait remarquer Jean-Paul Simier, économiste au Conseil régional de Bretagne qui plaide pour "la diversité des agricultures".
Enfin, l'Ouest laitier devra composer avec une réglementation environnementale qui n'ira certainement pas en se desserrant. Aujourd'hui, la différence avec les pays du Nord de l'Europe se situe au niveau des terres bretonnes qui supportent 2 à 3 fois moins de lait par hectare. Un marge d'intensification existe vraisemblablement, même si certains récusent cette voie. "En 20 ans, les utilisations d'azote ont été divisées par 2 dans les exploitations laitières", calcule pour sa part André le Gall, de l'Institut de l'élevage. Reste qu'en Bretagne, le lait doit partager le foncier avec d'autres productions. Au-delà de compétitivité avec les autres bassins européens, l'avenir de la production laitière est aussi lié à la bonne ou mauvaise santé des autres productions bretonnes.

Didier Le Du

Légende photo : Avec 120 à 150 litres par heure de travail, la productivité laitière est deux fois moins élevée en France qu’au Danemark.  


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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Septembre 2007
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