
Où se situe la parcelle de maïs génétiquement modifié? » C'est l'une des questions essentielles qui ont été posées aux représentants de l'état par la délégation du collectif 56 « Bretagne sans OGM ». Cette question est restée sans réponse. La délégation, composée d'élus, de représentants d'associations de consommateurs, d'organismes professionnels agricoles et apicoles et d'associations de protection de l'environnement était soutenue par 200 manifestants environ. Les opposants avaient d'autres interrogations: « Comment se fait l'évaluation de l'efficacité des distances de protection? Quel est le dispositif prévu pour réaliser un suivi et une traçabilité après récolte? La non contamination des parcelles en agrobiologie est-elle garantie? De quelle manière les citoyens seront-ils tenus informés des résultats d'évaluation des risques de non contamination? ».
Des réponses avant le 10 septembre
La délégation a également demandé la prise en charge des analyses effectuées sur les pollens, le miel ou les cultures biologiques par l'entreprise qui a vendu les semences, considérant que les associations n'ont pas à supporter cette charge. Elle a également demandé que les Cuma qui réaliseront les travaux de récolte dans le secteur soient informées des risques encourus. Elle souhaite enfin que la DDAF s'implique dans un débat public à la Chambre d'agriculture, qu'un moratoire immédiat soit établit et que l'avis du Conseil Régional soit respecté tant que le débat n'a pas eu lieu.
La DDAF n'a pas donné de réponse dans l'immédiat. Elle s'est néanmoins engagée à rédiger un compte rendu des échanges et à transmettre toutes les interrogations au ministère. Une réponse à ces questions sera donnée pour le 10 septembre, avant le Space. A cette occasion, la délégation souhaite rencontrer le ministre de l'Agriculture.
Un rassemblement inter-régional le 15 septembre
Jean François Guillemaut, de la Confédération Paysanne , fustigeait le comportement des coopératives qui vendent ces semences OGM. « Dans le Morbihan, la majorité des agriculteurs, par le biais de leurs syndicats, se sont prononcés contre ces cultures génétiquement modifiées. On peut donc se demander qui dirige les coopératives » et d'ajouter « Au niveau agricole, les nouvelles techniques ont toujours été vulgarisées. Dans le cas des OGM, tout est fait en pleine opacité ». D'une manière générale le syndicat dénonce l'emprise des multinationales, de plus en plus présentes dans le monde paysan. « La possibilité de réensemencer, base du métier d'agriculteur, est remise en question. Il s'agit là d'une véritable menace pour l'agriculture dans son ensemble et plus particulièrement pour tous les signes de qualité ». Maurice Onno, du réseau Cohérence, mettait en avant la responsabilité de l'Etat. « La position de l'Etat manque de clarté. De ce fait, nous assistons malheureusement, de plus en plus, à des oppositions entre agriculteurs ».
En Loire Atlantique, une trentaine d'hectares ont été ensemencés. Les associations anti-OGM de ce département appellent à se rassembler le 15 septembre au siège de la coopérative Terrena. Ce rassemblement festif est inter-régional.
Bernard Laurent
Légende : Entre 100 et 200 personnes ont apporté leur soutien à la délégation qui a rencontré les représentants de l'Etat à la DDAF