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On connaît la longévité d'un animal seulement à sa mort. Pas facile a priori de sélectionner ce caractère. En pratique, dans un élevage, un animal peut être réformé volontairement par l'éleveur ou son départ peut être précipité pour diverses raisons (productivité, fécondité…). "La morphologie de l'animal est un bon prédicteur de la longévité, elle a l'avantage d'être connue rapidement. Mais elle n'est pas le seul, l'Inel en est un autre", explique Marc Bolard de l'Urcéo lors de l'assemblée des éleveurs de Prim’Holstein d’Ille et Vilaine.
Ainsi on sait que la longévité fonctionnelle est fortement corrélée avec les cellules et la fertilité. Sur le plan de la morphologie, la corrélation est forte avec la distance plancher-jarret. Elle l'est un peu moins avec l'attache avant et la vitesse de traite. Elle est modérée avec l'inclinaison du bassin et la locomotion. En revanche, elle devient négative avec la profondeur de corps. Autre constat : les petites et les grandes vaches vieillissent moins bien. Un équilibre est à trouver.
L'analyse faite par Éric Lievens (Holland Genetic) sur des vaches ayant produit plus de 100 000 kg confirme. Elle indique aussi qu'il ne faut pas rechercher les extrêmes. Exemple : un plancher de mamelle haut indique aussi une mamelle avec un manque de lait. Ainsi la production dans l'orientation de la sélection chez HG, la production pèse 40 %, la durabilité et la santé : 30 % et la morphologie : 30 %. Capacité, bassin, mamelle, déplacement, famille sont les points qui comptent chez Semex. Didier Hubert insiste sur la liaison pointage-production : "Plus il est élevé, meilleure est la production".
Morphologie esthétique ou fonctionnelleL'âge au vêlage a-t-il une incidence sur la longévité ? Les représentants des trois unités de sélection sont d'accord sur un optimum autour de 27 mois. Et à la question du niveau de production à rechercher dès la première lactation, Didier Hubert précise qu'il ne faut pas rechercher le maximum, la mamelle peut ne pas tenir. Et quelle est la vache qu'il faut rechercher 12 000 ou 7 500 kg ? Sans aucun doute, la vache la plus productive a-t-il été répondu. Reste une observation faite par Marc Bolard : "Il ne faut pas mélanger la morphologie esthétique (pour les concours) qui fait la promotion de l'élevage et la morphologie fonctionnelle qui assure la rentabilité de l'élevage. La première ne devrait pas dépasser 5 à 10 % de l'effectif". Vaste sujet de débat pour les éleveurs, souvent amateurs de concours. Il répond ainsi à l’interrogation de ceux pour qui les concours ne sont pas une finalité. "Peu importe la stratégie de chaque éleveur, l'important est de gagner sa vie par son travail".
Paul Chauvin
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