Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Couverts végétaux
 

Gestion de l’interculture
Valoriser l’azote pour une meilleure qualité de l’eau

Depuis de nombreuses années, le thème azote mobilise beaucoup d’énergie en Bretagne. En effet la gestion de l‘azote dépend de nombreux facteurs : climat, sol, système de production…d’où les difficultés rencontrées pour progresser rapidement dans ce domaine.

L’essentiel du drainage se fait d’octobre à février (c’est à dire au cours de la période la plus pluvieuse). L’eau en excès durant ces mois d’hiver va alors entraîner une partie du stock d’azote nitrique qui sera perdue pour la culture et pourra aller «polluer» les ressources en eau. Cet entraînement sera d’autant plus rapide que le sol sera léger ou filtrant. Les sols granitiques du Finistère bien arrosés sont ainsi très exposés à ce risque de lessivage d’azote.

D’autre part pour un climat et un type de sol donnés, la quantité d’azote susceptible d’être entraînée dépendra de nombreux facteurs comme le système de culture, la conduite culturale, le régime de fertilisation. Ce reliquat d’azote à la récolte est plus important dans une culture de pomme de terre qu’après une culture de céréales.

Une surfertilisation (dose mal calculée, excès de déjections animales..) mais aussi un mauvais enracinement, contribuent à doper le reliquat à la récolte.

Les risques de pertes d’azote se révèlent plus élevées dans une interculture longue (maïs après un blé) que dans une courte (colza après un blé).

Plusieurs leviers pour limiter les pertes d’azote

Tout d’abord, même si cela paraît évident l’azote apporté sur une parcelle doit correspondre aux besoins de la culture. Des grilles de calcul existent pour chaque culture, il est indispensable de s’appuyer sur ce type d’outil.

Même si ce premier principe est respecté, des pertes d’azote sont toujours possibles et il faut alors jouer sur un certain nombre de leviers pour corriger les situations en excès d’azote.

Le premier consiste à ajuster les périodes d’apport. La réglementation (directive nitrates) propose pour chaque type de production des périodes d’apports des engrais minéraux et des effluents organiques adaptées à chaque région.

Un autre levier concerne l’enfouissement des résidus de récolte ; certains résidus ont tendance à « relarguer » de l’azote (rapport C/N faible), dans ce cas il n’y aura pas intérêt à les enfouir, il faudra plutôt les laisser sur place (cas des résidus de colza). A l’opposé les résidus peu labiles (C/N élevé, comme les cannes de maïs grain) pourront provoquer une réorganisation de l’azote minéral du sol. Dans ce cas, tout ce qui va favoriser leur incorporation (broyage, enfouissement…) va limiter le lessivage. En effet, le fait de favoriser le contact sol-résidus facilite l’activité des micro-organismes qui vont consommer l’azote du sol pour assurer leur croissance.

Le couvert végétal : meilleur levier pour limiter les fuites d’azote

Des essais réalisés par l’EDE 29 et l’ITCF de 1995 à 2000 ont montré que l’introduction d’un RGI entre un blé et un maïs limitait fortement le lessivage d’azote hivernal :
- 90% en moyenne par rapport à l’absence de couvert. (cf. graphique 1)

Si le couvert végétal se révèle être le meilleur levier pour piéger l’azote du sol, il ne peut pas résoudre tous les problèmes d’excès d’azote dans les sols. Il ne pourra pas absorber tout le surplus d’azote présent à l’automne après une culture, il ne peut venir qu’en complément à d’autres techniques évoquées précédemment.

Pour piéger l’azote, des différences existent entre les différents types de couverts végétaux ; les crucifères sont plus performantes que les graminées, elles consomment plus d’azote et plus vite.

NE PAS maintenir le couvert trop longtemps

Il n’est pas nécessaire de garder le couvert jusqu’en mars, une étude réalisée par l’ITCF et l’INRA met en évidence que le lessivage n’est pas modifié (en moyenne sur 30 ans ) par la présence du couvert au delà de décembre.

Une faible partie de l’azote piégée disponible pour la culture suivante

Une culture intermédiaire capte plus ou moins d’azote du sol et limite le reliquat disponible au semis de la culture suivante. Au cours de cette culture une faible partie de l’azote piégée est relarguée : de 0 à 20 unités selon le type de couvert et la date de destruction. L’autre partie de l’azote absorbée par le couvert est incorporée dans le pool organique du sol. Ce phénomène ne modifie pas la vitesse de minéralisation de l’azote du sol comme le montre les résultats des essais réalisés par l’ITCF à Bignan de 1995 à 2001 (graphique 2).

L’effet « bombe à retardement » évoqué au début du développement des cultures intermédiaires n’aura pas lieu même à moyen terme !

 

Alain Morel et François Laurent : ITCF


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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Juin 2002
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