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L’essentiel du
drainage se fait d’octobre à février (c’est à dire au cours de la période
la plus pluvieuse). L’eau en excès durant ces mois d’hiver va alors
entraîner une partie du stock d’azote nitrique qui sera perdue pour la
culture et pourra aller «polluer» les ressources en eau. Cet entraînement
sera d’autant plus rapide que le sol sera léger ou filtrant. Les sols
granitiques du Finistère bien arrosés sont ainsi très exposés à ce risque
de lessivage d’azote.
D’autre part pour un climat et un type de sol donnés, la quantité d’azote
susceptible d’être entraînée dépendra de nombreux facteurs comme le
système de culture, la conduite culturale, le régime de fertilisation. Ce
reliquat d’azote à la récolte est plus important dans une culture de pomme
de terre qu’après une culture de céréales.
Une surfertilisation (dose mal calculée, excès de déjections animales..)
mais aussi un mauvais enracinement, contribuent à doper le reliquat à la
récolte.
Les risques de pertes d’azote se révèlent plus élevées dans une
interculture longue (maïs après un blé) que dans une courte (colza après
un blé).
Plusieurs leviers pour limiter les pertes d’azote
Tout d’abord, même si cela paraît évident l’azote apporté sur une parcelle
doit correspondre aux besoins de la culture. Des grilles de calcul
existent pour chaque culture, il est indispensable de s’appuyer sur ce
type d’outil.
Même si ce premier principe est respecté, des pertes d’azote sont toujours
possibles et il faut alors jouer sur un certain nombre de leviers pour
corriger les situations en excès d’azote.
Le premier consiste à ajuster les périodes d’apport. La réglementation
(directive nitrates) propose pour chaque type de production des périodes
d’apports des engrais minéraux et des effluents organiques adaptées à
chaque région.
Un autre levier concerne l’enfouissement des résidus de récolte ; certains
résidus ont tendance à « relarguer » de l’azote (rapport C/N faible), dans
ce cas il n’y aura pas intérêt à les enfouir, il faudra plutôt les laisser
sur place (cas des résidus de colza). A l’opposé les résidus peu labiles
(C/N élevé, comme les cannes de maïs grain) pourront provoquer une
réorganisation de l’azote minéral du sol. Dans ce cas, tout ce qui va
favoriser leur incorporation (broyage, enfouissement…) va limiter le
lessivage. En effet, le fait de favoriser le contact sol-résidus facilite
l’activité des micro-organismes qui vont consommer l’azote du sol pour
assurer leur croissance.
Le couvert végétal : meilleur levier pour limiter les fuites d’azote
Des essais réalisés par l’EDE 29 et l’ITCF de 1995 à 2000 ont montré que
l’introduction d’un RGI entre un blé et un maïs limitait fortement le
lessivage d’azote hivernal :
- 90% en moyenne par rapport à l’absence de couvert. (cf. graphique 1)
Si le couvert végétal se révèle être le meilleur levier pour piéger
l’azote du sol, il ne peut pas résoudre tous les problèmes d’excès d’azote
dans les sols. Il ne pourra pas absorber tout le surplus d’azote présent à
l’automne après une culture, il ne peut venir qu’en complément à d’autres
techniques évoquées précédemment.
Pour piéger l’azote, des différences existent entre les différents types
de couverts végétaux ; les crucifères sont plus performantes que les
graminées, elles consomment plus d’azote et plus vite.
NE PAS maintenir le couvert trop longtemps
Il n’est pas nécessaire de garder le couvert jusqu’en mars, une étude
réalisée par l’ITCF et l’INRA met en évidence que le lessivage n’est pas
modifié (en moyenne sur 30 ans ) par la présence du couvert au delà de
décembre.
Une faible partie de l’azote piégée disponible pour la culture suivante
Une culture intermédiaire capte plus ou moins d’azote du sol et limite le
reliquat disponible au semis de la culture suivante. Au cours de cette
culture une faible partie de l’azote piégée est relarguée : de 0 à 20
unités selon le type de couvert et la date de destruction. L’autre partie
de l’azote absorbée par le couvert est incorporée dans le pool organique
du sol. Ce phénomène ne modifie pas la vitesse de minéralisation de
l’azote du sol comme le montre les résultats des essais réalisés par l’ITCF
à Bignan de 1995 à 2001 (graphique 2).
L’effet « bombe à retardement » évoqué au début du développement des
cultures intermédiaires n’aura pas lieu même à moyen terme !
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