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BOVIN LAIT / Un environnement qui bouge : L'Urcéo entend rester créateur de valeur génétique
 

Avec l'abrogation de l'ancienne loi sur l'élevage qui "a permis une amélioration extraordinaire du riche patrimoine animal français", la génétique bovine "a vécu une rupture", explique Jean-Pierre Mourocq, président de l'Urcéo.
Car derrière la simple suppression de la loi sur l'élevage, il y a le désengagement financier de l'État. "Aujourd'hui, la profession doit elle-même assurer 50 % du budget", calcule le président, rappelant que, depuis mai 2006, l'interprofession (FGE = France génétique d'élevage) est l'interlocuteur unique avec l'État. "L'interprofession devra entre autres trouver une solution de financement si la France veut garder une génétique forte", ajoute celui qui est également président de la commission bovin lait de FGE. D'où la piste d'une taxe éventuelle sur chaque naissance de veau. "Mais rien n'est décidé. C'est en discussion", prévient avec la plus grande prudence J.P. Mourocq.

"L'intérêt général passe avant tout"

Reste que le rôle de l'interprofession ne consiste pas qu'à parler de gros sous. Dans les instances de FGE, on parle également technique. Exemple : "Aujourd'hui, l'Union européenne dit que l'on peut sortir un taureau d'insémination à partir d'un CD de 0,5. L'interprofession estime pour sa part que si les éleveurs veulent des taureaux fiables, mieux vaut un CD de 0,7. En conséquence, le label FGE est accordé à partir d'un CD de 0,7, mais libre aux unités de sélection de descendre jusqu'au seuil de 0,5, mais dans ce cas sans label FGE".

Pour sa part, l'Urcéo n'entend pas sortir de taureaux avec un CD inférieur à 0,7. "Nous sommes avant tout des créateurs de valeur génétique", répète le président de l'Urcéo. Une façon d'indiquer qu'au sein du groupe coopératif, le service aux adhérents passe avant les sirènes commerciales. "L'intérêt général passe avant tout", résume pour sa part Thomas Krychowski, rappelant que la Bretagne a toujours été une terre créatrice de progrès génétique – il cite notamment les chevaux – et qu'elle entend le rester.

Pas question donc d'oublier la fonction première des progrès de la génétique bovine : la production de lait (ou de viande) économiquement rentable. "Sans négliger que la génétique est une deuxième activité pour un certain nombre d'éleveurs", poursuit le directeur, soulignant que les taureaux à morphologie constituent "un segment de marché, mais ne représentent pas tout le marché".
Aujourd'hui, "dans leur majorité, les éleveurs cherchent le lait, la protéine et la fonctionnalité. Une vache qui dure est une vache qui coûte moins cher. On le voit dans les faits : le meilleur taureau en morphologie et en lait n'intéressera pas les éleveurs si ses filles sont longues à traire ou ont des leucocytes ou des mauvais membres". Et Thomas Krychowski de rassurer : "Toutefois, nous avons des taureaux à morphologie recherchés particulièrement par les éleveurs qui participent aux concours. Nous les présenterons en avant-première du concours Prim'Holstein du Space". Une façon de répondre positivement à ceux qui reprochent à l'Urcéo de négliger leur attente et qui réagissent en achetant des doses à l'étranger. "Nous ne nous en offusquons pas que les éleveurs achètent des doses ailleurs. Chacun conduit ses projets comme bon lui semble. Mais nous, notre priorité et notre devoir de coopérative, c'est d'abord le service à tous les adhérents ", conclut sur ce chapitre Jean-Pierre Mourocq.
C'est aussi dans cette ligne que le CIA entend encourager les éleveurs les plus fidèles à leur CIA. "Nous venons de mettre en place Valoria qui récompense les éleveurs pour leur fidélité", explique le directeur qui cite également une autre innovation : "Natoo, le premier forfait d'inséminations et d'échographies illimitées".


Didier Le Du



Légende : De gauche à droite : Jean-Pierre Mourocq, président, et Thomas Krychowski, directeur général, assurent que la voie de l'Urcéo restera la création du progrès génétique pour tous.


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Date de l'article : semaine du N° du 31 Août au 7 Septembre 2007
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