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Lait / La mécanisation, 2e poste de charges - La voie des économies
 
Les exploitations laitières bretonnes sont plutôt bien équipées. Au cours des dix dernières années, leur parc matériel a été considérablement renouvelé et conforté. Cette montée en puissance a permis d’améliorer les conditions et la productivité du travail.

Mais à quel prix ? En l’espace de 10 ans, le coût de mécanisation par hectare de SAU a progressé de 18,4 %.  Résultat. Alors que les charges opérationnelles des élevages diminuaient (-13 e/1000 litres), leurs charges de structures progressaient de 44 e/1000 litres. L’impact du machinisme a été indéniable. C’est aujourd’hui le deuxième poste de charge après l’alimentation. Il mérite donc la plus grande attention. La maîtrise du coût de production en dépend.

En matière de mécanisation, tout se joue lors des choix d’investissement. Le plus important concerne le tracteur. En effet, la traction représente plus de la moitié du coût de mécanisation. C’est elle aussi qui détermine le parc de matériel tracté, et son dimensionnement.

La course à la puissance

Reste à trouver le tracteur adapté à ses besoins. Ou plutôt les tracteurs. Une exploitation laitière moyenne (2 UTH) en compte souvent trois : un tracteur de tête (110 à 130 chevaux), le tracteur d’élevage (75-90 chevaux) et le vieux tracteur de ferme.
Le tracteur d’élevage tourne tous les jours. Il peut facilement atteindre les 5 à 600 heures par an. C’est donc sur cette machine qu’il faut investir en propre. Et pas forcément miser sur le tracteur de tête. Son usage est plus limité (autour de 200 heures). En outre la puissance retenue dépasse souvent les besoins réels. On se dit que c’est une sécurité. Et puis que c’est indispensable : la Cuma a du gros matériel. Mais, au bout du compte l’investissement s’avère plutôt onéreux. Et plus la machine est puissante, plus sa sous-utilisation coûte cher.

Pour contourner l’obstacle, certains éleveurs se servent de leur tracteur de tête pour la distribution, la manutention… Une fausse piste. A l’usage, un gros tracteur coûte en effet plus cher qu’un petit, en carburant, entretien, assurances…

L’herbe plutôt que le maïs

Une fois choisi son tracteur, reste à constituer son parc matériel. Pour ce faire, le système de production (assolement fourrager, alimentation, gestion des effluents, délégation de travaux….) est un élément déterminant à prendre en compte.
Les systèmes privilégiant l’herbe et le pâturage sont les plus économes en machine. Entre un système à moins de 25 % de maïs et un autre axé sur 45 à 70 % de maïs dans la surface fourragère, l’écart atteint les 110 e à l’hectare de SAU. Soit 6 400 euros par an pour un élevage laitier moyen (58,2 ha).

La voie de la sous-traitance

L’optimisation du parc matériel passe également par le recours éventuel à la délégation de travaux. Une solution, qui selon toutes les études conduit à des économies de charges, d’investissement et de temps de travail. A condition d’éviter les doublons. C’est-à-dire déléguer à une Cuma ou une ETA tout en détenant en propre le matériel équivalent.

Neuf ou occasion ?

Une fois déterminé le parc de matériel le mieux adapté à son exploitation, se pose la question de son renouvellement. Doit-on acheter un tracteur neuf régulièrement, de façon à bien négocier le prix d’achat et de reprise, bénéficier d’une garantie, tout en profitant d’une déduction de charges fiscales et sociales ? Doit-on plutôt choisir un tracteur d’occasion pour préserver les capacités financières de l’exploitation ? Doit-on au contraire mener les outils « au bout » au risque de faire face à des frais d’entretien prohibitifs ? La réponse à ces questions doit se faire au cas par cas, en tenant compte de l’impact social et fiscal.

Un tracteur acheté 50 000 e subit une décote annuelle de 10 à 20 % soit en moyenne 7 500 e. Les règles fiscales et sociales (amortissement dérogatoire, affectation de la DEFI) vont permettre de déduire des charges fiscales très supérieures les premières années. Lorsque l’exploitation bénéficie d’une exonération des plus-values, le gain fiscal et social peut s’avérer plus important qu’une décote commerciale. A chacun de faire son calcul.

 Luc Mangelinck
CER France Ille-et-Vilaine

légende photo : En l’espace de 10 ans, le coût de mécanisation par hectare de SAU a progressé de 18,4% dans les exploitations laitières. 


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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 31 Août 2007
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