
Les investigations sont en cours pour remonter, au plus vite, jusqu'à l'origine de la contamination rendue publique, jeudi 9, par les Directions des services vétérinaires (DSV) des trois départements concernés (Ille-et-Vilaine, Morbihan, Loire-Atlantique). Ces dernières avaient été alertées par une laiterie de Loire-Atlantique collectant autour de Redon suite à la découverte, dans ses laits, de taux de dioxine supérieurs à la norme en vigueur (3,05 à 13 pg/g de matière grasse contre une norme à 3 pg/g de MG). "Le dépassement observé ne concerne que certains laits collectés", précisaient d'emblée dans leur communiqué les DSV. Compte tenu de l'engorgement des laboratoires, peu nombreux à réaliser ce type de recherches, les résultats des analyses effectuées par exploitation arrivent au compte-goutte. Quatre analyses se sont déjà révélées positives, sur le canton de Redon. "Nous avons demandé aux autres laiteries du voisinage de réaliser ces recherches, suite à quoi 19 cas supplémentaires se sont révélé positifs, indiquait Philippe Malizard, sous-préfet de Redon, mardi 14. Pour l'heure, le périmètre concerné n'est pas complètement arrêté mais nous avons une idée cohérente sur la question."
Traquer les causes
La question qui taraude tous les protagonistes est bien sûr la source de la contamination. Si les DSV disent "ne privilégier aucune hypothèse", la piste d'une contamination due à des compléments alimentaires ingérés par les vaches est toutefois évoquée de parts et d'autres. "Les premières analyses réalisées au sein des quatre premières exploitations concernées n'ont pas permis d'établir de points communs entre les alimentations des bovins, sauf à remonter la chaîne alimentaire jusqu'aux produits de base", tempère Philippe Malizard. Pour l'heure, un groupe de travail s'est réuni, mardi 14, afin de lister toutes les causes possibles de contamination.
En attendant, pour les éleveurs concernés (dont le lait est toujours collecté, mais non commercialisé), c'est le choc. "Nous défendrons les éleveurs, qui sont les grandes victimes dans l'affaire", insiste Marcel Denieul, président de la section laitière de la FRSEAO, qui se félicite néanmoins de l'"extrême réactivité de la filière" ayant permis d'éviter le moindre risque pour les consommateurs. Il semble d'ailleurs que l'annonce de la contamination n'ait fort heureusement pas eu d'incidence sur les chiffres de la consommation de produits laitiers.
Anne-Laure Lussou
Légende photo : Il n'y a aucun risque pour les consommateurs.