
Département attractif, le Morbihan attire, mais il le fait parfois au détriment des espaces agricoles et naturels. Ainsi, en 2006, ce sont rien moins que 1600 ha de terres agricoles qui ont été perdus au profit de l'urbanisation. "Ce résultat a un impact direct sur l'agriculture : sols, quotas, DPU, plans d'épandage, tout est lié", insiste Alain Guihard en préambule du débat qui s'est tenu lors de l'assemblée générale de l'Adasea 56.
Freins à l'installation
La pression entraînée par l'urbanisation n'est pas le seul frein à l'installation de nouveaux agriculteurs. Les intervenants au débat font la liste : "souvent les cédants sont mal préparés à cette étape importante. Un "parcours à la transmission" pourrait être utile. Six mois de préparation ne suffisent pas", cite Pierre-Yves Le Bozec, des JA. "Parfois, il apparaît plus simple, pour un cédant, de céder son exploitation à un voisin plutôt qu'à un jeune qu'on ne connaît pas", note Didier Maroy, de la DDAF. "Outre le problème du coût des terres, il existe une inadéquation entre les besoins des porteurs de projets et la taille des projets à reprendre", témoigne Valéry Deroche, du Gab 56, qui préconise la création d'un guichet unique pour mettre en relation l'ensemble des cédants et des porteurs de projets. "Il va falloir identifier l'ensemble des acteurs, prône de son côté Franck Guéhennec, de la FDSEA. Ceux qui connaissent le mieux la situation sont ceux qui sont sur le terrain. Un important travail d'amont est à faire au niveau local." Pour ces intervenants, il est également important que les cédants se fassent connaître, avant toute chose, auprès de l'administration.
Des outils pour garder le foncier
Pour que les terres restent à l'agriculture, des outils existent et sont à développer. "L'Etablissement public foncier régional (EPFR), qui est en train de se mettre en place, peut être une réponse", indique Jean Le Lu, vice-président de la commission agriculture au Conseil général. Et Monique Danion, conseillère régionale, d'insister sur l'importance, pour la Région, de conserver ses terres agricoles. Au niveau communal, les POS et les PLU (et, à l'échelon intercommunal, les SCOT) permettent d'anticiper l'avenir des territoires, et donc la place de l'agriculture. Reste que, au sein des conseils municipaux, les agriculteurs sont parfois trop peu présents pour que leur voix porte. Encore peu développés, les périmètres de protection des espaces agricoles et naturels permettent, enfin, aux départements de créer des périmètres spécialement dédiés. "La loi SRU protège mieux l'agriculture mais un réel travail reste à faire avec les politiques", commente Alain Guihard en conclusion du débat. Un travail d'autant plus important à mener que, lorsqu'un hectare disparaît de l'espace agricole, il le fait pour toujours.
Anne-Laure Lussou
Photo : Valéry Deroche (Gab), Pierre-Yves Le Bozec (JA), Franck Guéhennec (FDSEA), Didier Maroy (DDAF) et Jean Le Lu (Conseil général) ont alimenté un débat très constructif sur les moyens d'accès au foncier.