
Moins de nitrates sur le bassin versant du Haut Couesnon : c'est ce qui ressort des résultats présentés à la dernière réunion du comité de bassin versant du Haut Couesnon le 28 juin, Parc de l'Aumaillerie, en présence des nombreux acteurs du bassin versant concerné. Cette réunion correspondait à la réunion annuelle du comité de suivi des plans de gestion de la ressource des prises d'eau de Mézières-sur-Couesnon (Ville de Rennes) et de Fontaine la Cheze sur le Nançon (Ville de Fougères).
Concernant les nitrates, la tendance est à donc à l'amélioration. Les concentrations diminuent à la prise d'eau de Mézières-sur-Couesnon. Cependant, un dépassement de la limite de qualité "eaux brute" (50 mg/L) a été enregistré en début d'année 2007, ce qui montre la fragilité de ces améliorations au regard des variations climatiques et la nécessité de poursuivre les efforts. Des pics importants de concentration de matières organiques sont enregistrés sur le captage. En matière de pollution par les pesticides, une amélioration était perceptible entre 2004 et 2006 avec une diminution des pics de pollution. Cependant, un pic important a été enregistré suite à des orages le 2 mai 2007, ce qui montre la fragilité des progrès constatés.
113 EP
Le bassin versant du Haut-Couesnon regroupe 650 sièges d'exploitations. Depuis 2003, 113 EPA (Engagement de progrès agronomique) ont été signés sur les sous bassins versants prioritaires, soit un taux de contractualisation d'environ 70 %. Concernant ces EPA, on relève plusieurs tendances :
•Une diminution de la part des prairies dans l'assolement général. Deux hypothèses sont formulées : Le regroupement des structures tout d'abord qui éloigne certaines parcelles du siège d'exploitation. Ces parcelles sont alors cultivées en grandes cultures. Et un effet de la PAC qui a entraîné le retournement d'un certain nombre de prairies.
•On constate une diminution du nombre d'exploitations excédentaires : de 21 en 2003, il en reste 6 en 2006, qui se situe entre 170 et 190uN org/SDN (Surface directive nitrate).
•L'augmentation de la pression d'azote organique épandu sur la SAMO (Surface amendée en matière organique) qui s'expliquerait par la diminution de la part des prairies dans l'assolement. Il existe encore des améliorations à faire sur la répartition des déjections.
Perspectives
Jacques Aubert, le vice-président du SMPBR, le Syndicat mixte de production d'eau potable du bassin rennais, a rappelé les perspectives de l'opération bassin versant 2007-2012 et les outils enfin disponibles pour ce futur programme.
Il souligne l'importance des Mesures Agri-Environnementales (MAE) dans le futur dispositif, avec des MAE régionales (système herbager et agriculture biologique), et territoriales. Le deuxième pilier sera le Plan Végétal Environnement (PVE), un programme d'aide à l'investissement en matériel pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires. Enfin, le troisième axe sera le travail sur l'aménagement de l'espace (haies, talus, bandes enherbées) pour réduire les transferts de pollutions en phosphore, matières organiques et pesticides. L'outil à disposition sera le programme Breizh Bocage.
Tous les participants sont invités à poursuivre leur implication dans le cadre du futur contrat de bassin versant.
Photo : Le Couesnon, traversant la commune de Romazy. En collaboration avec le SMPBC (Bassin du Couesnon), le SMPBR mène un programme de reconquête de la qualité de l'eau sur le bassin versant du Haut Couesnon.