
La météo 2007 risque de marquer les esprits. Les intempéries de ces deux derniers mois vont perturber et immobiliser dans certains cas des filières entières. Pour le moment, la conséquence directe est la baisse de la consommation de légume, de -10 % à -20 % par rapport à 2006. Tour d'horizon à mi-parcours de cette campagne, où pronostiquer est un exercice périlleux.
L'impact jardin
La campagne 2007 est difficile pour les producteurs de tomates. Assimilée comme légume d'été, elle a encore beaucoup de mal à s'imposer sur les étals. À noter que cette année, les plants de 80 % des jardins familiaux ont été atteints par la maladie. Quand on sait que cette production familiale (120 000 tonnes/an) représente les trois quarts de la production bretonne (170 000 tonnes/
an), cet effet jardin pourrait peut-être relancer la consommation d'un marché fortement perturbé. Cependant, Yvon Kerleguer, le directeur adjoint du CERAFEL modère : "Trop de facteurs modifient l'offre et la demande d'un produit qui n'est pas stockable. L'avenir est imprévisible".
Le tableau n'est guère plus enviable pour les producteurs de pomme de terre. L'année est très difficile, techniquement et nerveusement. Les conséquences de l'épidémie de mildiou risquent de se faire ressentir au niveau des rendements, de la qualité, et du coût de production. Le maintien des conditions climatiques humides a favorisé la progression et la propagation de la maladie. S'ajoute à cela des prix qui sont restés relativement bas. Des opportunités de marché ont été manquées du fait d'une récolte dépendante des conditions climatiques. "Une année épuisante nerveusement pour les producteurs" selon Maurice Guéguen, chargé de communication à L'UCPT. "L'objectif est aujourd'hui de sauver la saison de pommes de terre de consommation".
Un retard de la récolte et une qualité moyenne se font déjà l'écho d'une saison contrastée chez les producteurs de coco de Paimpol. Les premiers semis se sont mal déroulés et les surfaces sont en baisse. Les plants sont également touchés par la maladie. On ne peut pas tirer de conclusions pour le moment. Le point à la fin de la campagne.
Seul l'artichaut arrive à s’extraire du lot. Cependant, cette flambée du cours du Petit Violet est à relativiser. Elle provoque une embellie de marché minime du fait d'une offre très basse.
Les légumes surgelés
La campagne d'épinards s'est achevée sur de bons résultats. Elle a profité des conditions météorologiques favorables au printemps.
En opposition avec le difficile démarrage qu'a connu la saison en petits pois. Les rendements ne se sont pas améliorés par la suite. La pluie a perturbé la floraison et la fécondation. Selon Antoine Maury, responsable du suivi des cultures à Gelagri, les pertes en tonnages sont estimées entre 25 et 30 %.
Le mauvais étalonnage des semis de haricots risque d'avoir pour conséquence une récolte très faible en août et un pic de récolte fin septembre début octobre. Le froid a influé sur les rendements : la perte estimée sur les premiers lots est de l'ordre de 20 %.
Concernant les autres zones de production en France et en Europe, les cultures légumières sont également touchées par les aléas climatiques : des précipitations abondantes dans le Nord et dans l'Ouest, la sécheresse à l'Est. Les pertes dans ces zones ne sont pas estimées pour le moment. En Bretagne, Antoine Maury pense à l'après-saison. "La conjoncture est difficile et le bilan de campagne à mi-parcours est contrasté. Nous allons tenter de trouver des solutions".
Bertrand Caro
Photo : Le regroupement des semis va devenir problématique pour la récolte et la transformation des cultures d'haricots.