
En 14 ans, le nombre de lapins commercialisés par le Syprolap a triplé, passant de 500 000 en 1992 à plus de 1,5 million en 2006. "L'association est aujourd'hui constituée de 67 éleveurs de l'Est-Bretagne et de la Mayenne, ils détiennent 27 100 cages-mères. La taille moyenne des élevages continue à progresser passant de 370 cages-mères en 2005 à 403 en 2006", déclare Marie-Christine Renault, présidente du Syprolap.
Travail technique important
L'an dernier, le tonnage de viande de lapin commercialisé a progressé de 9 % par rapport à l'année précédente. C'est l'aboutissement d'un travail technique important. Ainsi, le nombre de kg de lapins produits par IA (15,28 kg), a progressé de 0,77 kg. "Le travail réalisé en maternité et l'adaptation de l'alimentation ont apporté une progression du taux de mise-bas et du nombre de lapins nés par mise-bas. Le taux de mortalité a également baissé", explique Eric Guillermic, animateur du groupement.
En engraissement, grâce au rationnement, à la maîtrise de la quantité ingérée, à l'amélioration du taux de mortalité, les résultats se sont également améliorés sans dégrader le poids et le rendement. Enfin, sur le plan sanitaire, l'objectif est de "mieux médicaliser pour moins médicaliser" et ainsi satisfaire les souhaits du consommateur.
Les conditions climatiques médiocres du printemps n'ont pas favorisé la consommation de viande de lapin. "Dans un contexte de prix tendu, la compression des charges et du coût de production sont les principaux leviers à la disposition des éleveurs pour maintenir les revenus," poursuit Eric Guillermic.
Les attentes des consommateurs
Les responsables du groupement avaient convié Denis Lerouge, président de l'entreprise Comaral pour mieux cerner les attentes des consommateurs. "Le consommateur change, il faut percevoir et comprendre ses attentes", explique l'intervenant. "Il est sensible à l'aspect nutrition, santé. Il est souvent pressé et réduit son temps de parcours dans le magasin. Beaucoup d'achats sont faits en moins de 10 secondes".
Le lapin ne représente que 2,6 % des achats de viande des ménages. "Cette viande a l'image d'un produit compliqué, d'un produit qu'il faut mériter (préparation). Le consommateur ne connaît pas le mode d'élevage. Il a aussi l'impression que le lapin est une viande chère. Autre handicap : sa clientèle traditionnelle est souvent âgée et ne se renouvelle pas suffisamment", souligne Denis Lerouge.
Des atouts
Mais le lapin a aussi des atouts : une viande diététique et saine, qui a du goût et une bonne image. "Il faut capitaliser sur ces atouts, notamment le goût associé à la diététique, en essayant de reconquérir la clientèle des moins de 50 ans, en poursuivant le développement des produits élaborés, prêts à l'emploi et en améliorant la visibilité des produits lapins dans les linéaires des grandes surfaces", poursuit l'intervenant. Il est persuadé qu'à côté des produits basiques, le consommateur est prêt à acheter des produits originaux incitant à la curiosité et à la découverte.
Patrick Bégos
Photo : Les éleveurs de Syprolap ont une taille moyenne d'élevage de plus de 400 cages-mères.