
Tombée à 1,5 million de tonnes en 2000, la production porcine russe devrait dépasser le cap des 1,9 million de tonnes en 2007. Sans pour autant alléger un déficit national qui avoisine les 30 %. Avec 800 000 tonnes achetées en 2006, la Russie importe trois fois plus qu’au début des années 90. Quatre fournisseurs se partagent le marché russe : l’Union européenne, le Brésil, les Etats-Unis et le Canada. En 2006, les deux premiers ont cumulé plus de trois-quarts des volumes, mais la place de l’Amérique du Nord s’est renforcée.
Développer la production intérieure
Avec une consommation intérieure qui s’accroît et qui dépasse aujourd’hui les 2,6 millions de tonnes, la Russie a décidé de soutenir le développement de sa production. Et elle affiche clairement la volonté de limiter sa dépendance extérieure :
• Des contingents à droits réduits depuis 2003 (et ce jusqu’à 2009) sur les viandes fraîches et congelées. Ces droits réduits sont fixés sur la durée à 15 % du prix d’importation, avec un minimum de 0,25 euro par kg. Au-delà des contingents, les taxes sont de 55 % en 2007, ne pouvant pas être inférieures à 0,90 euro par kg.
• Des aides financières, comme la prise en charge partielle des intérêts d’emprunts, incitant fortement les investisseurs à s’engager dans la production agricole.
• Enfin, la définition de zones géographiques de développement agricole d’élevage.
La croissance de la production porcine russe a aussi été amplifiée ces deux dernières années par la très bonne rentabilité de l’élevage. Des entreprises étrangères, telles Dan-Pig et Russian Invest (Danemark), Sadia (Brésil), sont attirées par les perspectives du marché russe et investissent dans le pays.
Une filière qui se structure
Seule la production des nouvelles entreprises est adaptée à la demande du marché. En effet, la qualité des carcasses est très inégale. Les anciennes grandes structures et les fermes privées produisent des porcs trop gras (35 à 38% de muscle). L’importation des reproducteurs (environ 60 000 têtes en 2006) a en partie pour objectif d’améliorer ces performances.
Depuis l’automne 2006, le prix du porc a chuté en moyenne de 30 %. Et la hausse actuelle du prix des matières premières risque de peser pour les structures de production chargées en crédits, qui exploitent d’anciens outils et qui produisent des porcs de qualité médiocre, à des coûts de revient bien supérieurs aux prix de vente.
À l'inverse, le prix des porcs de qualité (recherchés par les abatteurs) s’est maintenu, permettant une rémunération acceptable pour les complexes récents et performants. Et seuls ces sites de production nouveaux ou rénovés semblent pouvoir répondre à une filière porcine russe en pleine révolution. L'avenir des structures traditionnelles au sein de la filière porc russe apparaît compromis à moyen terme. Une filière qui aura de la peine à suivre l’évolution de la consommation.
Source : Baromètre porc