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Ovins / Maladies du pied - Le piétin, favorisé par l'humidité
 
Le piétin, redoutable cause de boiteries, a toujours préoccupé l’éleveur de moutons. C'est une maladie infectieuse spécifique très contagieuse. Cette affection peut, en certaines circonstances, toucher jusqu’à 50 % de l’effectif d’un troupeau surtout les années humides, comme 2007.
Le piétin est dû à l’action synergique de deux germes anaérobies : bactéroïdes nodosus et fusobactérium nécrophorum. Il se caractérise cliniquement par une boiterie enzootique et par une dermatite exsudative suivie par une nécrose des tissus épidermiques et de la membrane kératogène, ce qui entraîne le décollement et la chute de l’onglon. Le piétin apparaît de façon progressive dans un élevage, le plus souvent après l’introduction d’un animal atteint dans un élevage indemne (il peut persister dans un troupeau).

Des facteurs favorables

Plusieurs facteurs sont favorables à cette maladie infectieuse. Les moutons de race mérinos ou issu de mérinos, semblent plus sensibles. Les agneaux sont également plus sensibles que les brebis. Enfin, l’état général et surtout l’entretien du pied constituent les facteurs majeurs. Les conditions climatiques pluvieuses, des températures supérieures à 10°C, un sol humide et tiède sont favorables. L’humidité joue un rôle fondamental en amollissant l’épiderme et la corne, ce qui se produit sur les chemins boueux, près des abreuvoirs et des ruisseaux, en zones de sol argileux, voire en bergerie où s’accumulent fumier et purin.

Les traumatismes du pied favorisent l’introduction des germes, ils ont pour cause, les chaumes, les parcours caillouteux ou gravillonnés. Les carences, les erreurs alimentaires sont également des causes favorisantes. La carence en zinc se manifeste surtout chez le jeune par des lésions, entraînant une corne tendre et fendillée.

Le rôle de l’éleveur est primordial, tant dans le maintien de l’hygiène que dans la conduite du troupeau. L’élevage traditionnel est en général le plus touché par le piétin. Avec une forte concentration d’animaux dans des parcours fermés, le risque d’infection augmente, ainsi qu’en bergerie sur des litières permanentes souillées. Le défaut de parage régulier des onglons et l’insuffisance de passage en pédiluve sont enfin des facteurs prédisposant primordiaux et du ressort unique de l’éleveur.

Les solutions de traitement

Le piétin constitue, depuis toujours une maladie difficile à traiter, car seule la conjugaison de plusieurs mesures curatives peut s’avérer efficace. On doit en effet associer mesures d’hygiène et traitement. Le parage doit être effectué sur tous les moutons du troupeau. Les pieds des animaux atteints seront parés avec soin. Il faut exposer à l’air les zones infectées du pied, ce qui permet ensuite une meilleure action des traitements antiseptiques locaux.

Le passage au pédiluve doit également concerner tous les moutons du troupeau. Il peut être utile de le répéter tous les 8 jours. Les solutions habituellement utilisées dans les pédiluves sont le sulfate de cuivre en solution à 10 %, le formol à 10 % et le sulfate de zinc (10 % ou 20 %). Le pédiluve doit comporter deux ou trois bacs, chacun d’une longueur de 2 à 3 mètres.

Les traitements anti-infectieux peuvent être administrés par voie générale ou par voie locale. Les animaux malades seront isolés (il faut limiter la recontamination perpétuelle du sol). D’autre part, tout animal que l’on veut introduire dans le troupeau (bélier) devra subir une quarantaine. Pour la vaccination, contacter votre vétérinaire sanitaire.
 
Thierry Piers
Bergerie de Bretagne 



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Date de l'article : semaine du N° du 20 au 27 Juillet 2007
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