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Le taureau, c'est la facilité. Pour preuve, tout juste 15 % des femelles allaitantes charolaises sont inséminées. Détecter les chaleurs demande du temps, de la disponibilité. Il faut être motivé. Pourtant en hiver, la surveillance est plus facile qu'au champ et la contention se trouve à proximité. L'éleveur peut se faire aider par une caméra ou encore par un taureau épididymectomisé (il saillit sans pouvoir féconder suite à une intervention bénigne). La synchronisation des chaleurs constitue un autre moyen et une échographie permet de vérifier s'il y a ou non gestation.
Disposer de taureaux connus, c'est s'assurer de naissances plus faciles, d'un meilleur potentiel de croissance, d'aptitudes bouchères plus affirmées et d'une efficacité alimentaire accrue. Et pour la génération qui suit, on peut tabler sur des filles plus fertiles avec de meilleures aptitudes à vêler, ayant du lait et du potentiel de croissance. La supériorité des taureaux d'insémination, Pascal Rohou de l'Urcéo en est convaincu. "Peu de veaux issus de monte naturelle arrivent à entrer dans le processus d'évaluation et ensuite de testage. Ceux qui sont issus d'insémination leur sont supérieurs", a-t-il expliqué à l'assemblée des éleveurs de Charolais d'Ille-et-Vilaine.
De meilleures performancesPourquoi se passer des meilleurs taureaux ? Dans un élevage, les différences entre un bon et un moins bon taureau se mesurent à tous les niveaux. Quelques chiffres : avec un index à 115 au lieu de 95, la différence de poids au sevrage sera de 33 kg, la production de lait sera supérieure de 2 kg par jour... On obtiendra un tiers de génisses pleines en plus, 9 % de vêlages faciles en plus… Inconvénient avec un taureau de monte naturelle : on ne connaît la valeur de ses produits qu'au bout de plusieurs années. Son incidence, bonne ou mauvaise suivant les postes, se fait alors sentir longtemps après son départ. L'examen des bilans génétiques sur plusieurs années le révèle nettement.
La gamme des taureaux en race Charolaise est large (c'est également vrai pour les autres races). 130 ont été utilisés en Charolais en 2006, mais 10 font 70 % des inséminations. Le choix existe entre des reproducteurs destinés à l'élevage, la production de viande, les génisses ou encore les concours. En ayant le choix du taureau, l'accouplement peut se faire en fonction des caractéristiques de chaque vache afin de corriger ses défauts, ce que ne peut faire le ou les taureaux de monte naturelle de l'élevage.
Pascal Rohou rappelle que dans le choix des reproductrices, il faut s'attacher principalement au développement, au bassin et aux aplombs. On n'oubliera pas la docilité, les qualités maternelles et d'une manière générale on tiendra compte des index. Les taureaux d'insémination avec leurs caractéristiques bien connues viendront alors améliorer le niveau génétique de l'élevage.
Paul Chauvin
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