
Dans les années 1980, la production de pintades a commencé à stagner. "La standardisation des modes de production et la course aux prix de revient ont fait craindre aux professionnels que la pintade perde ses caractéristiques spécifiques qui font son originalité. Ils se sont regroupés, en 1987, au sein du CIP qui réunit tous les professionnels, des sélectionneurs aux distributeurs", explique Jean Champagne, directeur du CIP. Le comité vient de fêter ses vingt ans.
Densité et durée d'élevage
C'est surtout en Europe et plus particulièrement en France que l'élevage de pintades s'est développé. En effet, 74 % du tonnage européen de pintade est produit en France et 24 % en Italie. Sous l'impulsion du CIP, la production a été segmentée. Les pintades standard représentent 2/3 de la production française. On retrouve aussi de la pintade certifiée, fermière Label rouge ou bio. "La filière s'est adaptée en élaborant un recueil de bonnes pratiques, afin de limiter la densité en élevage (de 11 animaux/m2 en bio à 16 en standard), de disposer d'une d'alimentation adaptée et de préserver une durée d'élevage suffisante (de 77 jours minimum en standard à 98 jours mini en bio)", poursuit le directeur du CIP.
La part de la production Label rouge a été multipliée par 2,5 de 1985 à 2001, elle représente aujourd'hui 27 % de la production totale. Pour mieux répondre à la demande des distributeurs et des consommateurs, le poids de la pintade Label a progressé passant de 1,6 kg en 1985 à plus d'1,9 kg actuellement.
35 % de découpe
Pendant longtemps, très peu de pintades ont été découpées. "Depuis une dizaine d'années, la découpe de pintade s'est développée pour représenter actuellement près de 200 000 pintades/semaine, soit plus de 35 % des abattages contrôlés totaux dont 50 % des pintades standards et 4 % des pintades Label rouge", déclare J. Champagne. Des produits festifs ont également été développés et commercialisés en surgelé toute l'année. La pintade est plus présente en restauration hors domicile, grâce à la découpe et aux actions de communication réalisées par le CIP. Le tiers de la consommation française de pintade se fait désormais en RHD (contre 20 à 25 % pour les autres volailles).
Etre plus présent en GMS
Plus de 15 % de la production est exporté soit sous forme de pintades vivantes vers l'Italie, soit en carcasses entières vers les autres pays européens. "Tous les secteurs n'ont pas évolué de manière aussi satisfaisante, notamment les ventes auprès des particuliers. Moins d'un ménage sur quatre achète aujourd'hui de la pintade".
En effet, si celle-ci est relativement bien présente dans les circuits traditionnels, elle ne représente que moins de 2 % des ventes de volailles en GMS, ce qui justifie le programme de communication du CIP pour redynamiser les ventes vers les ménages. "Notre souhait est de faire en sorte que la pintade soit présente en permanence dans tous les points de vente avec plusieurs références, en entier et sous forme de découpes, via un packaging spécifique plus facilement identifiable", souligne J. Champagne.
Patrick Bégos
Photo : La filière pintade s'est adaptée en élaborant un recueil de bonnes pratiques sur la densité, la durée d'élevage, l'alimentation.