
Les paillages biodégradables ont été testés sur la plupart des cultures faisant traditionnellement l'objet d'un paillage de sol en plein champs ou sous abris. Différents types de matériaux, différentes formulations ont été expérimentés depuis quelques années. La station de Kerplouz en teste quelques uns sur des cultures conventionnelles telles que tomates, laitues ou melons. Elle a ouvert ses portes pour une journée régionale des biomatériaux en maraîchage.
Les résultats sont globalement positifs. Les paillages biodégradables contiennent suffisamment la poussée des adventices à condition qu'ils soient opaques. Ils maintiennent bien l'humidité du sol et contribuent au bon développement des cultures. Les rendements sont identiques à ceux obtenus avec un film polyéthylène.
Des satisfactions et des interrogations
Hervé Belz, producteurs de légumes en conventionnel, est utilisateur depuis deux ans. « Le gros avantage, c'est le temps de travail. Je n'ai pas besoin de récupérer les bâches plastiques dont même les déchetteries ne veulent plus ». Il utilise les films biodégradables seulement sous abris. « Dehors, il y a encore trop d'interrogations. La station expérimentale devra réaliser des essais à ce niveau là ». Le prix, plus élevé, n'est pas un facteur trop limitant dans la mesure où le gain de temps de travail est important.
Les films biodégradables sont essentiellement composés d'amidon déstructuré et de biopolymères d'origine pétrolière. Leur durée de vie au sol est fonction de l'épaisseur et de la composition. Elle doit correspondre à la durée de la culture.
Jean Louis Le Normand, maraîcher en bio, s'interroge sur les résidus dans le sol. « Nous n'avons pas encore de recul par rapport à ça. Quand on enlève une bâche plastique en polyéthylène, on est certain qu'il ne reste plus rien en terre ».
L'utilisation de ficelles et de clips biodégradables font également leur apparition en cultures sous abris. Ces matériaux doivent répondre à plusieurs exigences telles que la facilité de pose, la solidité et le broyage facile. Les essais sur tomate à Kerplouz semblent convaincants. Le prix peut être un facteur limitant à leur utilisation, de un à huit par rapport au non biodégradable.
Il existe certainement, de l'avis des fabricants, une grande marge de progrès, notamment pour remplacer la part de biopolymères d'origine pétrolière. « L'exploitation de nouvelles matières premières issues de ressources renouvelables permettra de fabriquer des films plus performants et plus satisfaisants sur le plan environnemental ». La recherche et l'expérimentation sur le terrain ont encore de beaux jours.
Bernard Laurent
Photo : Démonstration de pose de films biodégradables, à la station expérimentale d'Auray