
Comme chaque année, le cahier de la Mise (Mission inter-services de l'eau) sur la qualité des eaux douces et littorales dans le Finistère a été présenté à la préfecture sous le contrôle de Gonthier Friederici, préfet.
Un sujet "extraordinairement important" sur lequel "le dialogue est difficile", a commenté le représentant de l'État avec en ligne de mire le dossier des bassins versants dits en contention qui mobilise beaucoup d'énergie dans les préfectures bretonnes. Un préfet que l'on sent également pris entre deux eaux, à savoir entre les exigences de son administration centrale sommée par Bruxelles et celles d'un monde économique agricole et agroalimentaire qui met en avant le risque pour la région de trop fortes restrictions environnementales. "C'est un sujet stratégique", avoue G. Friederici avec grande prudence. "Les discussions sont en cours". Avec cet objectif clairement affiché cependant : l'État français est "pressé de démontrer sa bonne volonté" à Bruxelles.
Tendance favorable sur le long terme
Sur un plan plus chiffré, le suivi des différents paramètres qui caractérisent la qualité de l'eau en 2006 ne fait pas apparaître d'évolution sensible par rapport à 2005. "Seules les teneurs en nitrates sont en légère augmentation dans la plupart des cours d'eau", a commenté Alain Arthur, adjoint du directeur départemental de l'agriculture. Et d'émettre des explications : "Les valeurs les plus élevées sont généralement observées au printemps. Les conditions météorologiques particulières peuvent expliquer cette évolution. Il conviendra de vérifier qu'il s'agit d'une dégradation momentanée ne remettant pas en cause la tendance favorable observée depuis quelques années".
À ce titre, le préfet rappelle que "les valeurs les plus élevées sont toujours rencontrées dans le nord-ouest du département. Ces valeurs font courir à la France le risque d'une forte condamnation financière due à la non-conformité aux exigences de la directive de 1975 sur la qualité des eaux superficielles".
L'efficacité de la protection des captages
Les analyses montrent par ailleurs que la protection des captages est un outil efficace pour renouer avec des normes recherchées. "La tendance générale à une décroissance plus rapide de la teneur en nitrates dans les captages protégés se confirme", note A. Arthur. "Plusieurs captages ont aujourd'hui retrouvé les concentrations en nitrates enregistrées il y a une trentaine d'années, après une diminution de 30 à 40 mg/l au cours des 10 à 15 dernières années".Au niveau pesticides, la molécule la plus souvent rencontrée dans les eaux superficielles est l'AMPA, métabolite du glyphosate. Dans les eaux souterraines, c'est le déséthyl-atrazine, métabolite de l'atrazine dont l'utilisation est interdite depuis le 30 septembre 2003. "Les concentrations dans les eaux traitées sont nettement plus faibles que celles des rivières du fait de la mise en place de traitements correctifs", commente l'administration.
Didier Le Du
Photo : L'agriculture et la qualité de l'eau : un lien intime comme le montre l'affaire des bassins versant en contentieux qui donnait un caractère particulier à la publication du 10e cahier de la Mise.