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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°7483 |
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Porc / Le prix de l'aliment hausse, le prix du porc baisse - Mauvaise conjugaison pour les éleveurs
 
Il faudrait un superbe été. C'est aussi la supplique des producteurs de porc qui comptent sur les barbecues pour donner du tonus au marché de la viande porcine. Un marché qui a bien besoin de garder des couleurs pour digérer la hausse du prix de l'aliment qui représente 60 % du coût de production du porc. "À moyen terme, l'enjeu sera peut-être plus le prix des céréales que le prix du porc au cadran", observe Georges Douguet, ingénieur d'études au CER France 22, chiffrant à 175-180 euros/tonne le prix de l'aliment pour les exercices clos à la mi-mai 2007.

"Les céréales ne sont pas trop payées"

En filigrane de cette remarque se pose la question des contrats à 120 euros/t conclus pour la prochaine récolte entre fafeurs et producteurs de céréales. Les céréaliers l'auront amer de devoir livrer du blé à leurs voisins à ce prix alors que les coopératives et les négociants annoncent 150-160 euros/t. Pas sûr que les céréaliers seront aussi prompts à signer en 2008.
Pas question de "taper sur nos amis céréaliers", dit pour sa part Fortuné Le Calvé, président du CRP, avouant sans détour que "les céréales ne sont pas trop payées". Il ajoute : "Ne comptez pas sur moi pour reprocher à nos collègues cultivateurs de vivre de leur travail".
Dans ce contexte qui a vu le prix du porc baisser de 9,5 % sur les 5 premiers mois de l'année par comparaison à 2006, alors que le prix de l'aliment progressait de 20 % sur un an, le président du CRP préfère "tirer les choses par le haut". Autrement dit, l'idéal serait de répercuter l'augmentation des coûts de production à la distribution. L'expérience montre que la manœuvre est toujours difficile. D'autant qu'avec le nouveau président Sarkozy, la volonté de maîtrise de l'inflation passera vraisemblablement par une pression sur la grande distribution.

Une forme de contractualisation

En réponse à cette problématique de marges qui revient à chaque fois que la rentabilité de la production porcine s'affaisse, Guillaume Roué ose parler de contractualisation. "La grande distribution dit que rien n'interdit une forme de contractualisation", a-t-il expliqué en prévenant des conséquences "d'une ère de volatilisation qui concerne les marchés en général".
Dans son argumentation, G. Roué mentionne aussi "les spéculateurs qui arrivent sur le marché des matières premières. Ceci explique aussi une certaine volatilité de nos coûts de production". Sans oublier que "la production porcine devrait augmenter de plus de 2 % d'ici la fin de l'année", ajoute-t-il.
Bref, autant d'éléments qui ont guidé le leader finistérien à distiller des propos audacieux dans une enceinte plus acquise aux lois du marché qu'aux contours définis de la contractualisation. Quelques instants plus tôt F. Le Calvé ne rappelait-il pas que "la réelle rémunération des éleveurs, ce n'est pas la plus-value, c'est le prix de base". Autrement dit, le prix affiché sur le cadran de Plérin …

Didier Le Du

Photo : De gauche à droite : Marcel Corman, président de l'Arip ; Fortuné Le Calvé, président du CRP ; Jacques Crolais, directeur de l'UGPVB. 


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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 13 Juillet 2007
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