
Le Grand Ouest (Basse-Normandie, Bretagne, Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes) représente une laitière sur deux, un quart des allaitantes et 38 % du cheptel bovin français. Il se devait d'avoir un salon consacré à la viande bovine et à sa filière. C'est chose faite. La première édition du Séfi'Bov (Salon de l'élevage et de la filière bovine) a eu lieu à Angers les 28 et 29 juin.
Pas facile de lancer un nouveau salon. Alors pour faire venir des éleveurs, les organisateurs avaient mis au programme un concours interrégional Charolais et un régional Limousin. Une cinquantaine d'éleveurs de Charolais, essentiellement des Pays-de-la-Loire (dont une forte délégation de Vendéens) mais pas de Breton, ont animé le concours avec une centaine d'animaux. Les effectifs étaient d'une soixantaine en Limousin venant de 26 élevages. Des emplacements avaient été réservés pour présenter des animaux jeunes ainsi que des bouchères tels que les différentes filières peuvent les souhaiter.
Les acteurs de la viande bovine ont répondu présent. Fort logiquement, ceux qui opèrent en Pays-de-la-Loire (trois fois plus d'allaitantes qu'en Bretagne) constituaient l'essentiel. Des centres d'insémination qui estiment encore avoir un gros potentiel de développement en viande bovine, aux abatteurs-transformateurs en quête d'animaux correspondant à leurs marchés et répondant aux attentes des différents consommateurs, les opérateurs étaient là. Il faut y ajouter les différents groupements de producteurs régionaux, les fabricants d'aliments ainsi que les fournisseurs de matériel d'affouragement, de bâtiments et d'équipements ou les organismes de services. Le plus souvent des Pays-de-la-Loire. D'autres sont venus voir, prendre la température de ce nouveau salon. Globalement, il aura manqué de visiteurs.
Prix à la baisse
Le contexte du salon était particulier avec une baisse continue des prix de la viande depuis plusieurs mois, surtout en jeunes bovins. Pour Jean-Claude Guesdon de l'Institut de l'élevage, "Rien de fondamental ne s'est passé. C'est plutôt 2006 qui était anormal. On a constaté une reprise de l'offre (jeunes bovins notamment), une consommation qui se maintient, un retour des viandes brésilienne et argentine à des niveaux déjà constatés dans le passé, une arrivée de viandes polonaises (mieux payées dans l'Union européenne qu'en Russie) et un oubli progressif par la GMS de la viande d'origine française". Au passage, il fustige le manque d'organisation de la production, "nous en sommes toujours au stade de la cueillette".
Néanmoins, l'Europe est structurellement déficitaire et rien ne laisse présager un revirement de situation. Il ne faut donc pas céder au découragement, le risque le plus important serait de ne plus avoir de production. On peut espérer que le Séfi'Bov aura contribué à redonner du moral aux éleveurs et à les encourager à investir.
Paul Chauvin
Légende photo : Ces femelles Blondes d'Aquitaine aux qualités bouchères affirmées étaient présentes au Séfi'Bov à Angers.