
A la MSA du Morbihan, la population des salariés des entreprises d’intervention avicole affiliée est peu connue des différents services. « Nous ne connaissons pas ces salariés dans la mesure où ils font peu appel à nos services et ne se présentent pas toujours aux visites médicales organisées par la médecine du travail », déclare Stéphanie Guillo, conseillère en prévention.
Les médecins et les travailleurs sociaux observent néanmoins des situations préoccupantes en matière de santé, de droits sociaux et plus largement en matière d’insertion sociale et professionnelle.
En 2006, le Conseil d’Administration de la MSA a décidé de constituer un groupe de travail avec l’Asavpa (Association de salariés de la production agricole) et un employeur. Pour la MSA, il s’agit d’éclaircir la situation concernant la santé et l’accès aux droits des salariés de l’aviculture. L’Asavpa souhaitait de son côté engager un travail de réflexion concernant la précarité chez les salariés de la production.
Accueillir les ramasseurs dans de bonnes conditions
Afin de mener cette étude, des entretiens ont été réalisés de janvier à mai 2006 auprès des différents acteurs du secteur de l’intervention avicole, salariés de ramassage, chefs d'entreprises d'intervention et exploitants avicoles.
« Au regard de l’analyse des entretiens, les attentes et les préoccupations des salariés avicoles portent notamment sur les risques en matière de santé et sécurité au travail, les informations sur leurs droits et aussi sur l’accueil au sein des élevages avicoles et notamment le comportement des éleveurs à leur égard », poursuit Stéphanie Guillo.
Diverses actions de communication seront réalisées à destination des différents partenaires pour répondre à ces attentes. « Il faut inciter les aviculteurs à accueillir les salariés de ramassage dans de bonnes conditions sur leurs élevages en proposant, par exemple un vestiaire pour se changer ». Une plaquette de sensibilisation sur les risques en ramassage de volailles a été réalisée. « Pour les nouveaux salariés, c’est un outil d’accueil leur permettant de découvrir le métier de ramasseur de volailles et ses risques. Pour les salariés qui pratiquent cette activité professionnelle depuis un certain temps, c’est aussi un moyen de rappeler les risques inhérents à leur activité et de susciter une réflexion quant à leurs pratiques professionnelles en matière de santé et de sécurité au travail ».
Les salariés rencontrés ne se rendent pas tous aux visites médicales. Plusieurs raisons sont invoquées. « On constate que, parfois, l’organisation du travail ne facilite pas la présence aux visites médicales de tous les salariés. Il est difficile de programmer les visites compte tenu des horaires de travail. De plus, certains oublient d’y venir ».
Les modalités de convocation seront établies par le secrétariat santé au travail après contact avec l'entreprise et le salarié. Si le salarié est absent à une convocation, le secrétariat le signalera au travailleur social.
Bernard Laurent