
Nous ne sommes plus dans un modèle unique où tous les agriculteurs avaient les mêmes besoins et effectuaient les mêmes travaux", déclare Bernard Poirier "Aujourd'hui, il y a une plus grande diversité de productions et de manières de travailler. Le projet collectif devient donc de plus en plus difficile dans des petites Cumas". Le risque est donc, selon lui, de voir une baisse de certaines activités, d'avoir du matériel sous-utilisé, de connaître des problèmes de gestion de personnel et de recrutement et, au final, une baisse d'attractivité. La coopération entre Cumas est une première étape qui doit éventuellement aboutir au regroupement.
Le regroupement peut être une chance
"Auparavant, les agriculteurs décidaient seuls de leur développement. Depuis une vingtaine d'années, des groupes extérieurs pèsent sur les décisions. Actuellement, il y a un partage du pouvoir notamment avec les collectivités territoriales. Les Cuma devront en tenir compte". Même si le cœur de métier reste la mécanisation, les Cumas devront anticiper de nouveaux partenariats. Des Cumas fortes en milieu rural seront un atout majeur au développement des territoires. "Elles serviront non seulement au volet alimentaire mais aussi à la production d'énergie. Bien structurées, elles permettront aux agriculteurs de garder un pouvoir de décision". Les Cuma de demain devront donc savoir faire vivre leur groupe d'adhérents mais aussi gérer les relations avec le monde extérieur et notamment avec les autres secteurs économiques.
Selon Bernard Poirier, le regroupement est également une opportunité pour garder les salariés. "Dans les petites structures, il n'y a qu'un salarié. Il n'y a, pour lui, aucune perspective d'évolution dans sa carrière. Dans des Cumas plus importantes, à plusieurs salariés, ces perspectives augmentent, tout comme les possibilités de formation".
Les Cuma, reconnues comme groupement d'employeurs
La reconnaissance de la Cuma comme groupement d'employeurs, avec la mise à disposition de salariés auprès des adhérents ouvre de nouvelles perspectives. "C'est déjà une première étape pour conserver les emplois", déclare Michel Le Roch, président. Le renouvellement des générations lui semble également un enjeu des années à venir. "La maîtrise des charges de mécanisation et la gestion du temps de travail s'inscrivent dans nos priorités auprès de différents publics et notamment les jeunes. Nous préconisons de réaliser un diagnostic de mécanisation à l'installation et nous demandons que l'octroi de la DJA supplémentaire soit réalisée au cours des cinq premières années et non plus au moment de l'installation".
Bernard Laurent
Légende photo : Michel Le Roch, président de la FDCuma, et Bernard Poirier, chargé de mission à la FNCuma.