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Le terme de "parcours du combattant" a souvent été utilisé pour le candidat à l'installation. Contraignant certes, mais efficace si on en juge par le nombre très élevé de jeunes agriculteurs toujours en place après dix ans d'activité. Compte tenu du niveau de formation qui a progressé, de l'âge (30 ans) et de l'expérience professionnelle, le parcours actuel qualifié de "moule unique" va être revu. Il n'est pas perçu comme un outil de travail, mais une contrainte. L'expérience du Morbihan qui teste une nouvelle approche a été présentée lors de l'assemblée de l'Adasea. Le nouveau dispositif d'accompagnement doit permettre de regrouper les compétences et de clarifier les rôles des personnes chargées de l'installation. Il doit aussi faciliter les démarches, simplifier et prendre en compte les compétences et expériences du candidat. Le parcours et l'accompagnement deviennent beaucoup plus personnalisés. C'est ce que précisent Pierre-Yves Le Bozec, président des JA 56, et Didier Maroy, de la DDAF 56.
PersonnalisationDans la proposition morbihannaise, le futur agriculteur rencontre d'abord un conseiller d'entreprise (Chambre d'agriculture) pour discuter de son projet. Un entretien avec un conseiller spécialisé en formation va aboutir à un bilan de compétences et un plan de professionnalisation personnalisé avec les formations adaptées aux compétences nécessaires pour le projet envisagé. Un avis de la section installation de la CDOA est alors donné. Le plan est alors mis en œuvre ainsi que le plan de développement de l'exploitation (ex-EPI). Une validation est alors opérée par la CDOA. L'installation peut alors se faire. Le dispositif en cours d'expérimentation ne prévoit pas pour l'instant d'accompagnement après l'installation. Quelques projets se font jour pour combler cette lacune : information sur les déclarations PAC, la conditionnalité…, toujours en lien avec les besoins exprimés des jeunes agriculteurs. Au départ, un seul point d'information est prévu. Trois organismes sont concernés pour des questions de neutralité (Chambre d'agriculture, Adasea et JA). L'idée est d'avoir une personne référente sur le plan administratif sur toute la durée du parcours.
Nouvelle organisationQu'en pensent les jeunes concernés ? Pierre-Yves Le Bozec confirme que la nouvelle proposition est bien accueillie : "Elle fait suite aux remarques des JA sur ce dossier. Il faut cependant être transparent et également repositionner le travail des différents techniciens qui ont l'habitude d'intervenir. Ce n'est pas nécessairement le plus facile". En se recentrant sur les besoins individuels de chaque nouvel agriculteur, ne risque-t-on pas de mettre en veilleuse les aspects intéressants de la confrontation des projets en groupe ? En Ille-et-Vilaine, on est sensible à cet aspect. Le Morbihan envisage ces aspects collectifs plutôt au niveau d'un territoire pour se donner les moyens de se retrouver. Un autre point est mis en avant par les deux intervenants avec un avis de la CDOA très tôt dans le parcours d'installation. Il évite d'avoir à faire à des dossiers où tout est déjà signé (bail, devis, reprise…) alors que des difficultés se font jour. Cinq départements expérimentent actuellement ce nouveau parcours. Il devrait être opérationnel début 2008.
Paul Chauvin
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