
Lors de l'assemblée générale du Cérafel Bretagne (Comité économique fruits et légumes), le 14 juin à Lanvollon, les responsables se sont félicités du fait "que l'OCM (organisation commune de marché) fruits et légumes n'ait pas été fondue dans la Pac, comme cela avait été souhaité par certains pays d'Europe du Nord". Pour le Cérafel, l'accord obtenu par les ministres européens de l’Agriculture le 12 juin est "globalement insuffisant", mais affiche des aspects positifs, en particulier le fait que les organisations de producteurs (OP) et leurs programmes opérationnels (PO) soient confortés. "Le niveau d'aide est porté à 4,6% pour les OP qui mettraient en œuvre des actions de prévention ou de gestion de crises", souligne Yvon Auffret, directeur du Cérafel.
Extension des règles aux produits bio
Il approuve aussi l'assouplissement des critères de représentativité permettant d'obtenir l'extension des règles. "L'organisation économique devra désormais représenter 50% du nombre de producteurs et 60% des volumes". Les responsables se montrent par ailleurs satisfaits du maintien de l'extension des règles aux produits biologiques. "Nous avons dû insister auprès du ministère pour cela, car dans son dernier projet, la Commission émettait l'idée d'exclure les produits bio". "Comment peut-on demander aux producteurs d'augmenter leur participation à la recherche-expérimentation et en même temps, ne pas donner à l'organisation les moyens de faire cotiser tout le monde ?", argumente Joseph Rousseau, président du Cérafel.
A côté de ces mesures jugées positives, des aspects négatifs émergent avec le nouveau règlement de l'OCM. D'une part, le retrait est rendu quasiment inopérant. D'autre part, "la transformation, notre levier d'action principal, n'est pas envisagée par l'Europe dans les mesures de prévention de crise", précise Yvon Auffret. Concernant le fonds de mutualisation, son financement n'est permis que pour la partie "gestion administrative du fonds". Le directeur souligne aussi que la promesse du "1% de modulation" (prélèvement sur les aides Pac) n'a pas été tenue. "Il faudra un soutien de nos pouvoirs publics pour optimiser les possibilités offertes", note Joseph Rousseau.
Maintien en France de l'article 51
Le Cérafel regrette par ailleurs le maintien en France, sur une période transitoire, de l'article 51 (qui interdit de produire des fruits et légumes sur des surfaces primées), malgré sa suppression dans la nouvelle OCM. "Ce n'est pas logique sur le plan du principe. Il n'est pas sain de s'imposer des contraintes que les autres n'ont pas. C'est en 1992 qu'il aurait fallu protéger les légumiers des conséquences prévisibles de la réforme de la Pac. Rien n'a été fait", ajoute Joseph Rousseau.
Lors de l'assemblée générale, les professionnels sont aussi revenus sur la campagne 2006 en tomate. Le premier légume breton en chiffre d'affaires est cultivé sur 450 ha de serres et fait travailler 3 à 4 000 personnes. Plus de 174 000 t ont été produites sur la dernière campagne : des quantités qui ont environ été multipliées par 2 en 10 ans et par 10 en 20 ans. "Malgré des prix en hausse, l'année 2006 restera une année très moyenne compte tenu de l'augmentation du coût de l'énergie. Cette charge représente aujourd'hui 25% du coût de production", note Yvon Kerléguer du Cérafel.
De leur côté, les Néerlandais développent fortement la cogénération et affichent un objectif de 6 000 ha chauffés par ce système, sur les 11 000 ha de serres que compte le pays (toutes productions comprises). "Il ne faudrait pas que la tomate devienne un sous-produit de l'énergie", note Joseph Rousseau. "En France, les serres sont disséminées sur le territoire et les sources d'énergie sont variées. Par ailleurs, le prix de rachat de l'électricité est peu attrayant", précise Yvon Kerléguer. Autant de freins au développement de la cogénération, avec à la clé une baisse de compétitivité chez les serristes bretons.
Agnès Cussonneau
Légende photo : L'assemblée générale du Cérafel s'est tenue le 14 juin à Lanvollon.