
Si la Cuma est un moyen de faire baisser le coût de mécanisation de ses adhérents, elle-même doit s'interroger sur sa propre compétitivité. Et pour l'améliorer, il faut maîtriser les charges et accroître l'activité, précise le rapport d'orientation de la dernière assemblée générale de la FDCuma.
Certaines activités sont menacées faute de surfaces à travailler avec les augmentations de performances des machines. "Nous devons restructurer nos activités". Comment ? Quelques cuma ont organisé l'ensilage de façon commune, le décalage des dates de récolte entre les différentes zones du département voire hors département est une piste. Il en existe d'autres : investissements concertés, fusion... "Les responsables des cuma locales doivent être les moteurs pour engager des discussions". Il s'agit de préparer l'avenir. D'ailleurs les FDCuma 22 et 35 ont mis en place des échanges de leurs animateurs machinisme en fonction de leur domaine de compétence. La direction des deux fédération est assurée par Vincent Laizé.
Le conseil d'administration insiste aussi sur la richesse de l'agriculture départementale en matière d'énergie. Le bois notamment. "Nous pourrions structurer notre offre en créant des plates-formes locales de stockage. La densité du réseau le permet. Ce serait donner de la valeur ajoutée au bois tout en maîtrisant la filière". L'huile de colza, une autre source d'énergie locale, doit passer au stade opérationnel avec une utilisation dans les tracteurs des Cuma. La presse à huile de la Cuma Innov est opérationnelle. Les cuma doivent aussi viser des réductions de consommation de leurs matériels (diagnostics tracteurs et automoteurs réalisés par Aile).
Références pointues
Les Cuma, c'est aussi de l'emploi. À ce niveau, il y a eu des avancées, par exemple au niveau de la convention collective ses salariés. Par ailleurs, une Cuma peut maintenant être reconnue groupement d'employeurs : un salarié d'une Cuma peut être mis à disposition d'un adhérent sans aller au-delà de 30 % de son temps. L'emploi partagé est aussi une réalité, tant au niveau du secrétariat que des chauffeurs. Une ombre au tableau : la baisse du nombre de journée de formation. Les propositions et leur financement par le FAFSEA ne répondent pas aux demandes des salariés. De leur côté, les employeurs veulent se former pour mieux manager leur personnel.
Les responsables de Cuma ont besoin de références fiables et pointues sur les matériels avec l'évolution des demandes. Le service comptable de la fédération qui a géré 138 dossiers en 2006 le permet. Et puis, il y a les démonstrations sur le terrain : démonstration de récolte de colza, entretien des bords de champs, déchiqueteuse de bois, destruction de couverts végétaux, implantation de maïs et de blé, comparaison labour – sans labour – semis direct, broyeur de pierres, sursemis de prairie… Autrement dit, une activité fournie dont ont pu bénéficié les 199 Cuma adhérentes à la Fédération.
Paul Chauvin
Légende photo : Démonstration d'entretien des bords de champs.