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Le Sdaec a donc 30 ans. Fêté dignement et simplement lors de l'assemblée générale le mardi 12 juin à Bourbriac, l'événement a été marqué par une forte participation. Ce qui montre tout l'intérêt que les agriculteurs et les organisations partenaires portent à la structure de remplacement.
Le témoignage des pionniers de l'organisation, des salariés, les partenariats soudés y compris avec d'autres acteurs du remplacement ont donné encore un peu plus d'intérêt à cette assemblée, conduite par son président Jean-Yves Milbeau. Il a su habilement faire passer avec un certain humour des messages forts autour de la solidarité, du mutualisme, de la nécessaire adaptation, de l'ouverture…
Séduire les jeunes L'initiative costarmoricaine de quelques coopératives avait permis en 1977 de démarrer avec au départ un seul salarié. La structure a grandi au fil des ans et ne compte aujourd'hui pas moins de 200 salariés pour 4700 adhérents répartis sur trois départements : Côtes-d'Armor, Finistère et Ille-et-Vilaine. En 2006, le SDAEC a réalisé plus de 36800 journées de remplacement. "Plus de 206 000 appels reçus et une tâche souvent effectuée dans l'urgence", note la directrice Sylvie Le Clec'h-Ropers, saluant ainsi le travail de l'ensemble des collaborateurs.
Le contrat d'assurance collective en partenariat avec Groupama reste le point fort de la structure. 56 % des journées de remplacement ont d'ailleurs concerné le risque acccident-maladie (+3 %). Le remplacement maternité/paternité régresse de 21 % mais représente encore 20 % des journées de remplacement. Les trois autres motifs d'intervention (mandat professionnel/formation, complément de main-d'œuvre et qualité de vie) progressent fortement. Concernant la qualité de vie, Jean-Yves Milbeau précise que "cette évolution est à la fois liée à la volonté des adhérents de bénéficier de temps libre et à la mise en place du dispositif "crédit d'impots" qui permet de bénéficier d'une aide de 914 euros pour 14 jours de remplacement".
Rappelant le rôle social du Sdaec, le président s'interroge sur les difficultés rencontrées à faire adhérer les jeunes. "Nous devons trouver des arguments nouveaux, faire preuve de créativité et d'esprit d'innovation". Car c'est selon lui "un outil de "vivabilité" du métier d'agriculteur permettant une meilleure qualité de vie, un bien-être social.
De nouvelles orientationsLe regard surtout tourné vers l'avenir a conduit le Sdaec a amorcé de nouvelles orientations. L'initiative de la création de Terralliance, groupement d'employeur départemental sur les Côtes d'Armor, pour des emplois à temps partagé en est une des illustrations. Il s'agit de répondre à la demande d'éleveurs ou d'agriculteurs qui ont un besoin de main-d'œuvre sans pouvoir assumer un plein temps.
La nouvelle possibilité offerte à tous les agriculteurs d'adhérer au service de remplacement sans pour autant adhérer au contrat d'assurance collective marque également cette volonté d'innovation et d'adaptation. Sans pour autant remettre en question les fondamentaux du service basé sur la solidarité. "Car, rappelle le président, l'adhésion au contrat permet d'avoir un rapport qualité/prix de la prestation imbattable". Le cumul indemnité journalière et participation des OPA + ATEXA couvre 91 % du coût du remplacement. En remplacement maternité /paternité l'allocation MSA couvre 93,3 %,. La couverture par les aides est de 38 à 40 % pour le remplacement mandat professionnel ou formation.
De nouvelles orientations que l'on retrouve aussi au travers d'une convention de partenariat signée avec la Fédération des services de remplacement du Finistère sur des actions de promotion communes, des mises à disposition de personnel en cas d'impossibilité de l'un ou de l'autre de satisfaire à une demande, des actions communes en matière de formation, ainsi qu'en faveur de la reconnaissance du remplacement.
Un nouveau logo illustre encore cette évolution de la structure. Indispensable dans un contexte qui comme l'a rappelé Olivier Allain, le président de la Chambre d'agriculture 22, risque de voir la main-d'œuvre devenir le facteur limitant du développement, voire de la pérennité des exploitations.
Pierre Dénès
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