
La filière œuf a repris des couleurs en 2006. La remontée des cours y a contribué, avec une cotation moyenne TNO (Tendance Nationale Officieuse) de 5.11euros/100 œufs contre 4.54euros/100 œufs en 2005 et 4.53 euros/100 œufs en 2004 (voir graphique). Il est vrai que pour la deuxième année consécutive, la production a baissé (-1,3 % au niveau européen par rapport à 2005). La reprise se dessinait à partir d’août 2005 en France. Mais l’impact de la grippe aviaire en a décalé les effets sur 2006. Depuis, les cours ont retrouvé leur cycle saisonnier. La période hivernale 2006/2007 confirme cette tendance favorable : + 8 % par rapport à la moyenne décennale.
Baisse du prix de l’aliment
Parallèlement, toutes les productions animales ont bénéficié d’une forte baisse du prix de l’aliment entre 2005 et l’été 2006. La production d’œufs est l’une des plus concernées : 54% du coût de production de l’œuf provient du coût alimentaire sans intégrer l’aliment d’élevage des poulettes jusque 17/18 semaines. Le prix de l’aliment a baissé de 5euros/T sur les clôtures de 2006 pour se situer à 166 euros/T. Soit tout près du niveau “historique” de 1999 (164 ?/T).
Au final la marge brute a progressé de 52 cts d’euros/poule pour se situer à 3.23euros/poule en 2006 (voir graphique). Elle est légèrement inférieure à la moyenne des cinq années précédentes (3.39euros/poule). La productivité s’est maintenue à 300 œufs par poule tandis que l’IC (Indice de consommation) s’est légèrement dégradé (136 g/œuf). L’année 2006 a été une année difficile pour la commercialisation des poules de réformes suite à l’embargo des pays africains lors de la grippe aviaire. Durant plusieurs mois, les éleveurs n’ont eu aucune rémunération pour leurs réformes alors qu’ils ont dû faire face aux frais d’enlèvement. D’autres éleveurs ont gardé leurs poules plus longtemps ou ont pratiqué une mue. Ces mesures d’adaptation expliquent la dégradation de l’indice.
Retour à des revenus positifs
Après avoir plongé en 2005, à un niveau inférieur à la crise de 1999, le revenu des élevages s’est redressé. La marge nette d’autofinancement est redevenue positive. Cette embellie pourrait hélas être de courte durée. La remontée des cours des matières premières, depuis l’automne 2006, nourrit l’inquiétude de la filière. Elle risque notamment de pénaliser les élevages hors-sol, si les cours ne suivent pas.
Comme en production porcine, la bonne tenue du marché devient vitale pour les éleveurs. Des éleveurs confrontés à une échéance majeure : la généralisation des normes bien-être au 1er janvier 2012. Auront-ils la capacité à investir dans des cages aménagées, alors que jusqu’à présent aucune mesure d’aide pour la mise aux normes des élevages de pondeuses n’a été mise en place ?
Geneviève Audebet
CER France Côtes d’Armor