
Cette année encore la Cooperl affiche d'excellents résultats. Le chiffre d'affaires consolidé dépasse pour la première fois le milliard d'euros avec plus d'un tiers à l'export et surtout son résultat d'exercice se situe au dessus de 14,5 millions d'euros. Une santé financière qui permet à l'entreprise d'envisager l'avenir avec sérénité avec une politique d'investissements forte, des ristournes aux adhérents et d'intéressements aux salariés.
Vers une certaine autonomie énergétique
Guy Dartois, le président de la Cooperl, et Jean-Claude Commault, directeur général annoncent d'ailleurs trois investissements importants sur 2007/2008. Le premier concerne à Lamballe une unité d'extraction de protéines de la couenne de porcs destinées à la salaisonnerie et au Pet Food (nourriture pour animaux domestiques). "Un investissement de 6 millions d'euros permettant en outre la création d'un vingtaine d'emplois".
Le second investissement est la construction d'une unité de congélation d'une capacité de 6000 tonnes sur un nouveau site acquis à Iffendic en Ille et Vilaine à quelques kilomètres de l'abattoir de Monfort sur Meu, permettant là aussi la création d'une trentaine d'emplois. Ce site de 5 ha pourrait dans un deuxième temps accueillir un nouvel atelier de désossage. À noter que cette unité sera recouverte 6000 m2 de panneau photovoltaïques pour la production d'énergie.
Troisième projet d'investissement significatif visant à aboutir à une autonomie énergétique sur une grande partie des activités industrielles, la mise en place d'un équipement permettant de brûler les graisses issues des industries ou des stations d'épuration des villes en remplacement du gaz pour produire de la vapeur d'eau et de la chaleur.
Quelques inquiétudes
Ces bons résultats permettent donc quelques largesses vis à vis des adhérents et des salariés. Ces derniers se voient répartir 2,4 millions d'euros à parts égales, soit 920 euros par salariés. L'essentiel du résultat (40 %) est destiné aux adhérents (1,80 euros en moyenne par porc livré), au travers de ristournes sur les porcs livrés et sur les achats d'aliments, ainsi que des intérêts aux parts sociales.
Une sérénité au niveau de l'entreprise qui n'empêche pas les responsables de nourrir aussi des inquiétudes. A court terme le prix des matières premières pour l'aliment du bétail préoccupe, considérant que le prix du porc n'est pas assez élevé. "Un mauvais moment à passer, mais qui peut aussi être notre chance pour demain", note le directeur. Persuadé que certains pays pourraient porter moins d'intérêt aux productions animales.
L'inquiétude est plus grande sur le dossier BV contentieux. "Une réelle menace qui pourrait entamer le potentiel de production". La coopérative est particulièrement concernée. "Nous avons 140 éleveurs concernés sur le seul bassin-versant de l'Arguenon" souligne Guy Dartois qui craint un effet domino entre les productions si les mesures annoncées sont mises en œuvre.
Pierre Dénès