
C'est allé très vite, explique Jean-Yves Le Damany président de la coopérative d'insémination animale de Créhen (22). L'effritement constant de l'activité insémination (109 219 IAP en 2006), la nouvelle loi sur l'élevage qui ouvre à la concurrence, l'éventuelle fin des quotas laitiers, l'arrêt de l'unité de sélection Unéco, la nécessité de concentrer les moyens avec plus de cohérence territoriale, tout cela a fait que la décision a été prise de rejoindre le groupe Amélis".
Depuis le 27 avril dernier, le CIA de Créhen est devenu adhérent d'Amélis, il n'y a plus qu'une seule gouvernance. Fin 2007, il y aura un apport des actifs et du personnel pour aboutir fin 2008 à une seule coopérative. Rappelons qu'Amélis est actuellement une union de coopératives entre le CIA de Mayenne et Agire. La zone traditionnelle d'activité concerne la Mayenne, la Manche, une partie du Calvados et de l'Ille-et-Vilaine. Le nord Côtes-d'Armor vient s'y ajouter. Le groupe pèse 600 000 IAP à égalité avec Génoé (Morbihan, Pays-de-la-Loire). Il est également présent dans le porc et le cheval.
Amélis avait commencé des discussions avec l'Urcéo et Génoé pour former A3. Les négociations ont été arrêtées, il y a un an, les objectifs n'étant pas les mêmes. Pour Créhen, le fait d'être dans la même unité de sélection Prim'Holstein, de se retrouver au GNA, d'avoir des convergences sur plusieurs points a abouti à cet accord. "Il ne s'agit pas d'une absorption, Créhen disposera du tiers des administrateurs et la présidence sera tournante", précisent les présidents des trois coopératives de base.
Développer les partenariats
Sur un plan pratique, les sites de production de semences vont rester en place. "Ils ont la bonne taille, les regrouper serait prendre des risques sanitaires", assure-t-on. D'autre part, les éleveurs Prim'Holstein vont continuer à bénéficier des taureaux de l'Unéco jusqu'en 2013 (200 taureaux testés par an). Au-delà, la centaine de taureaux testés par Amélis sera insuffisante. Aussi des accords de partenariat sont en cours de négociation. Ce qui porterait le nombre autour de 400, prévoit Jean-Luc Guérin le directeur général. En race Normande, le groupe va tester la moitié des taureaux.
Amélis regarde aussi à l'extérieur de l'hexagone. Sa filiale Gen'France importe des semences. Un accord vient d'être conclu avec le groupe américain CRI au fonctionnement de type coopératif (30 % du marché des Etats-Unis, 3ème groupe mondial). Il prévoit l'exportation en commun, de la recherche-développement, un programme Prim'Holstein et la création d'une société internationale. "À l'heure de la concentration de la génétique mondiale (5-6 groupes), il est important que des coopératives puissent continuer à détenir et créer de la génétique face à des groupes privés aux logiques financières".
Au final, le groupe entend être bon sur son territoire avec de la proximité, une génétique qui facilite la vie de l'éleveur. Innovation, indépendance, attractivité, stratégie d'investissement et partenariat sont les termes qui reviennent en permanence chez les responsables. Ils se donnent l'obligation de ne pas décevoir.
Paul Chauvin