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Les mouches n’ont
guère de problème de reproduction. La mouche domestique, durant sa courte
vie (10 jours), pond entre 600 et 2000 œufs. De quoi assurer largement sa
descendance. Première conséquence à en tirer : détruire une mouche qui a
déjà pondu n’est guère efficace puisque dans une dizaine de jours, les
œufs auront donné naissance à de nouvelles mouches. Néanmoins le
traitement des mouches adultes en association avec celui des larves permet
de mieux maîtriser les populations.
Pour Félix Mahé du GDS 22, la priorité concerne les larves. Les produits
utilisés empêche la synthèse de la cuticule. Comme la larve doit en
changer plusieurs fois lors de sa croissance, elle meurt. Le cycle est
cassé. «On maîtrisera d’autant mieux les populations à venir que le
traitement aura été débuter tôt en saison (mars)». Mais à cette période
les mouches sont rares. Et l’oubli est facile.
Il faut cependant savoir que 90 % des mouches présentes sont nées sur
l’élevage. En plus, avec des bâtiments aux ambiances de mieux en mieux
contrôlées, des hivers doux, le taux de survie des mouches est plus élevé.
Elles commencent à pondre dès que la température atteint 8°C.
Température, humidité et matière organique
La larve de la mouche trouve des conditions favorables à son développement
s’il y a une température et une humidité suffisantes et de la nourriture
(matières organiques). En plus, la larve doit se trouver dans un endroit
tranquille. Les lieux de ponte favorables seront donc les fumiers de
bovins, les fientes de pondeuses et éventuellement les parties solides
surnageantes des fosses. Les lisiers liquides ou les fumiers secs de
volaille ne constituent pas des milieux très favorables.
On en déduira les lieux à traiter. Ce sont les endroits où le fumier n’est
pas piétiné et tassé par les animaux : périphérie des bâtiments et des
poteaux sur 50 cm, sous les mangeoires, près des bacs à eau. Cela vaut
pour la stabulation des vaches, des génisses et les cases à veaux. Il ne
faut pas oublier le tas de fumier, la périphérie des fosses et des
arrivées de purin. Pour les premiers traitements en saison la surface est
relativement importante. Elle diminuera avec la sortie des animaux et
l’utilisation des fumiers et lisiers.
Les produits utilisables proviennent de deux familles de matière active (benzoylurée
et triazine). Elles se présentent sous forme de granulés à épandre sur les
parties humides. Le plus souvent, les granulés seront dilués dans l’eau et
épandus à l’arrosoir sur les fumiers. Le traitement doit être renouvelé
toutes les six semaines pour assurer la maîtrise. Le GDS 22 estime à 300
euros par an (2000 F) le coût pour une étable de 40 vaches.
Repérer les lieux de repos
Pour traiter le plus efficacement possible les mouches adultes, il faut
tenir compte du fait qu’elles aiment se poser sur des surfaces claires, en
haut des parois et qu’elle n’aime pas les courants d’air. Utilisation
pratique : en salle de traite, un brasseur d’air, un ventilateur repousse
les mouches.
On limitera les traitements aux lieux qu’elles affectionnent. Les produits
à utiliser contiennent un attirant (phéromones) avec un appât sucré pour
inciter la mouche à lécher et ainsi à absorber l’insecticide. Plusieurs
spécialités sont sur le marché, elles sont à base d’organo-phosphorés ou
de pyréthrinoïdes (voir tableau). D’une manière générale, il faudra
répéter le traitement tous les quinze jours de juin à août. Les animaux ne
doivent évidemment pas être traités avec ces spécialités. Si des
phénomènes de résistance apparaissent, il faut changer de produit, soit en
restant dans la même famille, soit en optant pour l’autre.
Le piégeage fait aussi partie des méthodes de luttes. Il a l’avantage de
donner des indications sur l’évolution des populations.
Il est possible de traiter les animaux avec des «pour-on». Cependant les
produits ne peuvent être utilisés que sur ordonnance du vétérinaire. Ce
sont plutôt les mouches piqueuses qui sont concernées. Attention au délai
éventuel pour la livraison de lait.
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