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Dossier mouches
 

Lutte contre les mouches
Agir tôt, dès le stade larvaire

Avec les beaux jours reviennent les mouches. A moins qu’un traitement préventif ait permis de limiter les populations. C’est au stade larvaire que l’efficacité est la meilleure. Il faut donc traiter tôt, dès le 15 mars et recommencer toutes les six semaines. Des traitements existent aussi contre les mouches adultes, ils viennent en complément de l’action sur les larves.

Les mouches n’ont guère de problème de reproduction. La mouche domestique, durant sa courte vie (10 jours), pond entre 600 et 2000 œufs. De quoi assurer largement sa descendance. Première conséquence à en tirer : détruire une mouche qui a déjà pondu n’est guère efficace puisque dans une dizaine de jours, les œufs auront donné naissance à de nouvelles mouches. Néanmoins le traitement des mouches adultes en association avec celui des larves permet de mieux maîtriser les populations.

Pour Félix Mahé du GDS 22, la priorité concerne les larves. Les produits utilisés empêche la synthèse de la cuticule. Comme la larve doit en changer plusieurs fois lors de sa croissance, elle meurt. Le cycle est cassé. «On maîtrisera d’autant mieux les populations à venir que le traitement aura été débuter tôt en saison (mars)». Mais à cette période les mouches sont rares. Et l’oubli est facile.

Il faut cependant savoir que 90 % des mouches présentes sont nées sur l’élevage. En plus, avec des bâtiments aux ambiances de mieux en mieux contrôlées, des hivers doux, le taux de survie des mouches est plus élevé. Elles commencent à pondre dès que la température atteint 8°C.

Température, humidité et matière organique

La larve de la mouche trouve des conditions favorables à son développement s’il y a une température et une humidité suffisantes et de la nourriture (matières organiques). En plus, la larve doit se trouver dans un endroit tranquille. Les lieux de ponte favorables seront donc les fumiers de bovins, les fientes de pondeuses et éventuellement les parties solides surnageantes des fosses. Les lisiers liquides ou les fumiers secs de volaille ne constituent pas des milieux très favorables.

On en déduira les lieux à traiter. Ce sont les endroits où le fumier n’est pas piétiné et tassé par les animaux : périphérie des bâtiments et des poteaux sur 50 cm, sous les mangeoires, près des bacs à eau. Cela vaut pour la stabulation des vaches, des génisses et les cases à veaux. Il ne faut pas oublier le tas de fumier, la périphérie des fosses et des arrivées de purin. Pour les premiers traitements en saison la surface est relativement importante. Elle diminuera avec la sortie des animaux et l’utilisation des fumiers et lisiers.

Les produits utilisables proviennent de deux familles de matière active (benzoylurée et triazine). Elles se présentent sous forme de granulés à épandre sur les parties humides. Le plus souvent, les granulés seront dilués dans l’eau et épandus à l’arrosoir sur les fumiers. Le traitement doit être renouvelé toutes les six semaines pour assurer la maîtrise. Le GDS 22 estime à 300 euros par an (2000 F) le coût pour une étable de 40 vaches.

Repérer les lieux de repos

Pour traiter le plus efficacement possible les mouches adultes, il faut tenir compte du fait qu’elles aiment se poser sur des surfaces claires, en haut des parois et qu’elle n’aime pas les courants d’air. Utilisation pratique : en salle de traite, un brasseur d’air, un ventilateur repousse les mouches.

On limitera les traitements aux lieux qu’elles affectionnent. Les produits à utiliser contiennent un attirant (phéromones) avec un appât sucré pour inciter la mouche à lécher et ainsi à absorber l’insecticide. Plusieurs spécialités sont sur le marché, elles sont à base d’organo-phosphorés ou de pyréthrinoïdes (voir tableau). D’une manière générale, il faudra répéter le traitement tous les quinze jours de juin à août. Les animaux ne doivent évidemment pas être traités avec ces spécialités. Si des phénomènes de résistance apparaissent, il faut changer de produit, soit en restant dans la même famille, soit en optant pour l’autre.

Le piégeage fait aussi partie des méthodes de luttes. Il a l’avantage de donner des indications sur l’évolution des populations.

Il est possible de traiter les animaux avec des «pour-on». Cependant les produits ne peuvent être utilisés que sur ordonnance du vétérinaire. Ce sont plutôt les mouches piqueuses qui sont concernées. Attention au délai éventuel pour la livraison de lait.

 

Paul Chauvin


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Date de l'article : semaine du N° du 26 Avril au 3 Mai 2002
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