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Dans le cadre d'Armor Synergie plusieurs centaines de chefs d'entreprises (agriculteurs, artisans, commerçants…) se sont réunis le 30 mai à St Brieuc pour une restitution d'une grande enquête conduite il y a quelques semaines auprès des entrepreneurs du département. 2000 questionnaires ont ainsi été dépouillés, donnant une image assez large des préoccupations et des attentes.
Priorité à la formation professionnelleEvidemment les images divergent quelque peu selon le secteur d'appartenance des entrepreneurs. Ainsi le monde agricole voit un département plutôt entreprenant au travers notamment de l'agroalimentaire alors les commerçants sont plus sensibles au potentiel touristique. Mais tous se rejoignent pour à la fois mettre en évidence le dynamisme du tissu économique, la qualité et le sérieux de la main-d'œuvre dans le département, avec une réelle et grande préoccupation fortement exprimée "le départ des jeunes".
Ils placent, ce quelle que soit la Chambre dont ils dépendent, comme priorité pour le département le développement de l'enseignement technique et professionnel adapté au marché, loin devant l'enseignement supérieur. Un sujet difficile puisqu'aux interrogations sur la gestion des ressources humaines les réponses les plus souvent citées sont la mauvaise image de certaines filières, les difficultés croissantes pour offrir des salaires et des conditions de travail répondant aux attentes des salariés, le manque de personnel qualifié pour certains métiers. Le monde agricole mettant surtout en évidence la mauvaise image des métiers. Plutôt inquiétant au moment où l'agriculture peine à recruter.
Des approches différentesQuelques autres réponses sur le monde agricole peuvent à la fois surprendre et inquiéter. Ainsi 71 % des commerçants, 62 % des autres ressortissants de la CCI, et 70 % des artisans pensent qu'à l'avenir, le rôle d'entretien du territoire et des paysages confié à l'agriculture deviendra prioritaire par rapport à l'acte économique. De même ils pensent aussi à plus de 75 % que l'avenir de l'agriculture passe par le développement des petites filières diversifiées et de la vente directe. Le monde agricole s'est montré beaucoup plus réservé sur ces orientations, même si plus de 35 % partagent aussi ces avis.
Parmi les enseignements retirés de l'analyse de cette enquête on notera aussi le sentiment assez fort exprimé par les entrepreneurs (76 %) que les élus et les collectivités publiques n'ont pas une connaissance suffisante de la réalité des entreprises. Jugeant à 69 % que les collectivités doivent mettre en place des structures de développement économique. Ils définissent aussi des priorités sur lesquelles elles devraient intervenir : le développement des services en milieu rural, les agriculteurs et les artisans y sont particulièrement sensibles ; la poursuite d'une politique de maîtrise de l'environnement et de lutte contre les pollutions, prioritaire pour les ressortissants de la CCI ; l'anticipation sur les questions énergétiques ; la maîtrise de l'évolution du foncier.
Pierre Dénès
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