
Avec 56 075 brebis (primées), le cheptel ovin breton ne représente que 1 % du cheptel français. La Bretagne est loin des zones traditionnelles d'élevage du sud de la Loire. Même si son poids économique reste faible, la filière ovine s'organise autour d'un plan de relance et d'une démarche de certification.
En bergerie et spécialisé
"L'élevage des agneaux en bergerie est dominant chez des éleveurs bretons qui sont pour une bonne moitié d'entre eux spécialisés", explique Alain Gouédard, conseiller ovin à la Chambre d'Agriculture 35. "Ils utilisent généralement un type génétique prolifique (la romane-Inra 401)". Dans les projets d'installation, le foncier est souvent un facteur limitant. Il y a peu de surfaces disponibles et elles sont très demandées.
Deux organisations de producteurs commercialisent 70 % de la production bretonne : Ovi-Ouest avec 25 800 brebis et Bergeries de Bretagne (17 800 brebis). Les deux principaux abattoirs sont situés en Ille et Vilaine : SVA Vitré (165 000 agneaux abattus) et AIM Groupe à Antrain-sur-Couesnon (47 300 agneaux).
Agneaux de nos régions
En dehors du Label "Agneaux de Brocéliande" et de l'AOC "Pré salé du Mont St Michel" (en cours de reconnaissance), le principal signe officiel de qualité est constitué par la CCP "Agneaux de nos régions". Un premier accord contractuel a été mis en place en 1990 (agneau français). Puis, les organisations de production ont souhaité aller plus loin dans la démarche qualité. "En 2002, un partenariat entre les organisations bretonnes, celles des Pays de la Loire et l'abattoir SVA Jean Rozé, s'est concrétisé par la démarche CCP "Agneaux de nos régions", souligne André Marchand, de SVA. Actuellement, 10 groupements de producteurs français ont intégré cette CCP. Sur 43 873 "agneaux de nos régions" certifiés, en 2006, 31 % sont issus de 109 élevages bretons. Le souhait de l'abattoir est d'augmenter d'un tiers le nombre d'agneaux certifiés."Notre cœur de gamme, c'est l'agneau classé R, assez léger (carcasse de 17,5 à 18 kg)", explique André Marchand. "Il ne faut pas confondre rendement technique et qualité. L'agneau doit être jeune, savoureux, et avoir du goût". La traçabilité renforce les procédures de contrôle sanitaire et répond à une attente forte des consommateurs. Chaque animal, puis chaque morceau découpé, est doté d'un code barres qui le suit jusqu'aux rayons des supermarchés.
Régularité d'approvisionnement
Une démarche qualité nécessite une régularité d'approvisionnement sur l'année, sinon les débouchés sont difficiles à maintenir. "Il y a 5 ans, le nombre d'agneaux proposés par les groupements pouvait varier de 1 à 3, selon les mois. La période d'été étant toujours très chargée, alors que l'hiver, nous manquions d'agneaux", poursuit André Marchand. De gros progrès ont été faits pour régulariser ces approvisionnements. "Aujourd'hui, les apports varient de 1 à 1,4, selon les mois, ce qui colle mieux à la demande des consommateurs".
La certification permet d'obtenir une prime qualité de 0,30 euro/kg, toute l'année. Un prime de désaisonnalité de 0,30 euro/kg est également versée, d'octobre à janvier, pour aider les éleveurs qui produisent à contre-saison.
Patrick Bégos
Légende photo : André Marchand, responsable relation production SVA (au centre), montre des carcasses d'agneaux à Jean Le Cadre, président d'Ovi-Ouest (à droite) et Yannick Le Gargasson, président de Bergeries de Bretagne.