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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°7389 |
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Porc / Réduire la consommation d'énergie - Une priorité, optimiser l'existant
 
Dans un élevage de 200 truies, avec achat d'aliment à l'extérieur, le coût de l'énergie représente environ 12000 euros par an soit un peu moins de 3 euros par charcutier produit” déclare Christophe Guivarc'h, conseiller à la Chambre d'agriculture. En proportion, ce poste de charge n'est pas très important dans le coût de revient du kilo de porc. L'utilisation de l'électricité comme source énergétique majeure, dont le prix reste compétitif, explique en partie cette situation. La révision possible des tarifs du kwh pourrait changer la donne. “Les éleveurs ont tout intérêt à anticiper. En terme de dépenses énergétiques, il existe un rapport de 1 à 3 entre les plus économes et ceux qui le sont le moins”. Une meilleure maîtrise de ce poste de charge est donc, selon lui, possible dans beaucoup d'élevages.

Coordination du couple chauffage-ventilation

“La première étape consiste à réaliser un diagnostic des dépenses annuelles et le ramener au kilo de carcasse produit pour pouvoir effectuer des comparaisons” déclare Christophe Guivarc'h. Au niveau des équipements, l'optimisation passe par une coordination entre la ventilation et le chauffage. “Le bilan des pertes thermiques à l'échelle d'un post sevrage montre que la ventilation en est responsable à hauteur de 60% à 80%, les murs et la toiture n'en représentent que 20% à 40%”. Selon lui, le débit optimum de ventilation est de 3 m2 par porcelet et par heure en post sevrage. En dessous, la consommation d'énergie sera faible mais les ambiances dans les salles seront mauvaises avec beaucoup d'humidité. Au-dessus, le chauffage devra compenser les pertes par ventilation d'où une dépense excessive. “En post-sevrage, il est quand même préférable de placer la consigne de chauffage d'un degré au-dessus de la consigne de ventilation pendant les trois premières semaines de manière à assurer une température suffisante”. En maternité, le débit optimum se situe à 30 m3 par case et par heure. D'une manière générale, il est essentiel de vérifier les sondes de régulation au moins deux fois par an.

Concernant le chauffage, les besoins sont deux fois plus importants dans des salles en pignon avec un mètre de préfosse aérienne que dans des salles intérieures avec préfosse enterrée. L'optimisation consiste également à bien isoler les bâtiments en gardant à l'esprit, pour maîtriser le coût de l'équipement, que le niveau d'isolation n'est pas linéaire avec l'épaisseur du matériau.

Investir pour économiser ou... produire

Au-delà de l'optimisation de l'existant, il est possible d'investir dans la réduction énergétique. Plusieurs sociétés proposent désormais des systèmes de récupération de chaleur sous forme d'échangeurs d'énergie. Un installateur déclare : “Les premières demandes consistaient bien souvent à centraliser l'extraction d'air de manière à le laver en le faisant passer au travers de rideaux d'eau. Le but était de supprimer les odeurs de l'air expulsé. Aujourd'hui, le système est conçu pour récupérer aussi l'énergie dégagée. Dans la gaine de sortie, l'air chaud qui sort du bâtiment chauffe l'eau. Dans l'entrée d'air, l'eau chaude récupérée chauffe l'air froid qui entre dans le bâtiment”. Plusieurs systèmes d'échangeurs thermiques existent selon le même principe. Les pompes à chaleur se vulgarisent également, en exploitant, par exemple, la chaleur du lisier, et permettent de réduire la consommation énergétique.

L'investissement dans la production thermique ou électrique peut aussi se faire par l'installation de panneaux solaires, d'éoliennes ou de chaudières à biomasse. La méthanisation, qui permet de valoriser des matières organiques grâce à un procédé biologique, représente un investissement de plus de 200 000 euros pour une installation de 30 kW et de 450 000 euros pour une installation de  100 kW.  Elle suppose de disposer de déjections en quantité suffisante, de matières organiques telles que des plantes énergétiques ou des déchets de collectivité et de disposer d'un minimum d'ouvrage de stockage.  

Dans tous les cas, et même s'il faut se préparer à produire avec moins d'énergies, il faut se méfier des fausses économies. Une dégradation des indices de consommation pourrait être plus coûteuse et, au final, dégrader la performance énergétique de l'exploitation.

Bernard Laurent

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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Juin 2007
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