
Depuis 2000, le taureau allemand Korall, bien indexé, a été très utilisé dans la race Pie rouge des Plaines. Il présente la particularité d'être né sans cornes. « Lorsque nous avons utilisé ce taureau, nous ne savions pas qu'il n'avait pas de cornes. C'est en voyant sa descendance que l'on s'est aperçu de la présence du gène « sans cornes ». La moitié de ses veaux n'en avaient pas ». déclare Olivier Catros, responsable du schéma de sélection.
Le gène "sans cornes" est un gène dominant
Le taureau Korall est hétérozygote, il est porteur d'un allèle récessif « avec cornes » et d'un allèle dominant « sans cornes ». Ce dernier étant dominant, le taureau est né avec cette particularité.
Un tel taureau transmet forcément l'un des deux allèles à sa descendance ce qui explique que la moitié de ses veaux naissent sans cornes. « C'est exactement comme si dans une population rouge on utilisait des taureaux holstein noir porteurs du facteur rouge récessif. La population rouge d'origine virerait rapidement au noir car l'allèle noir est dominant sur le rouge» poursuit Olivier.
Au niveau des cornes, tout peut aller aussi vite. Encore faut-il que les animaux porteurs du gène recherché soient intéressants au niveau des critères de production laitière. « Nous avons utilisé Korall sur des mères à taureaux. Les descendants mâles n'ont pas été utilisés dans le programme de sélection. Par contre, nous travaillons sur les génisses porteuses du gène ».
Un autre taureau sans cornes, d'une autre origine génétique et performant lui aussi, sera mis en service en Allemagne en septembre. «L'objectif serait, à terme, de produire des animaux de bon niveau génétique homozygotes « sans cornes » ». La sortie d'un tel taureau avec de bons index de production serait, sans nul doute, un atout commercial pour une unité de sélection. Toute sa descendance serait dépourvue de cornes. Ce n'est pas pour tout de suite, mais le fait que l'allèle recherché soit dominant permet quelques espoirs.
Les éleveurs y voient un intérêt. Fini la corvée d'écornage dans des troupeaux de plus en plus grands. A l'heure des réglementations sur le bien-être animal, avoir des vaches sans cornes pourrait bien devenir un atout. « En Suisse, les éleveurs ont l'obligation d'insensibiliser les animaux avant d'écorner » déclare Olivier Catros. Les responsables du programme Pie rouge présenteront un animal porteur du gène « sans cornes » le 7 juin à la journée génétique Génoe à Credin.
Bernard Laurent