
Le dimanche 17 juin, l'exploitation laitière de la famille Gentric ouvre grand ses portes. Destinée au grand public et aux professionnels, cette opération s'inscrit dans le cadre de la journée de communication et d'animation organisée chaque année par le syndicat d'élevage du Pays bigouden. Une opération qui, d'année en année, touche plus d'un millier de personnes.
Cette année, c'est l'élevage Gentric à Landudec qui s'apprête à accueillir ce nombreux public. Une exploitation laitière spécialisée où les visiteurs pourront découvrir la conduite au quotidien d'un troupeau de 150 vaches, mené par un père et ses trois fils.
105 vaches à l'heure
Sur cette exploitation qui s'est progressivement agrandie au fil des installations successives des trois enfants, la famille Gentric a toujours cherché à valoriser l'existant. "À tous niveaux, c'est l'économique qui guide nos choix", insiste Jean-Jacques.
C'est dans cette logique, qu'en 2005, le roto-tandem de 20 postes (HBR 30° de chez Delaval) a été installé en lieu et place d'un silo à maïs couvert. "Un roto est plus facile à amortir que deux robots", ont calculé ces éleveurs qui ajoutent : "D'autre part, étant à quatre sur l'exploitation, la main-d'œuvre n'est pas un problème majeur. Sans oublier que la traite est un moment privilégié pour observer les animaux. Avec le robot, nous n'aurions plus ce contact direct auquel nous tenons".
Seul un auvent a dû être ajouté pour accueillir la nouvelle salle de traite circulaire. "Le roto permet à un trayeur de passer 130 vaches en une heure et quart. Quant au lavage, il faut compter un quart d'heure matin et soir. On démarre au dernier tour de roto et lorsque la dernière vache sort, le lavage se termine".
À noter qu'un chien électrique, installé dans un des couloirs de circulation de la stabulation qui fait office d'aire d'attente, permet une bonne cadence d'entrée des vaches dans la salle de traite. "L'avancée du "chien" est calée sur le rythme d'entrée des vaches dans le manège. Il progresse d'une distance pré-établie toutes les deux vaches". À signaler encore que l'entrée dans le roto est facilitée par une porte Texas (ou cow-boy). Dans le couloir de sortie, une porte de tri automatique permet d'isoler les vaches préalablement sélectionnées sur le poste de pilotage installé dans la fosse de traite. Un clic et la vache est séparée du troupeau !
146 logettes et beaucoup d'air
L'autre gros investissement rendu nécessaire par l'agrandissement du troupeau : la stabulation à logettes de 146 places. Particularité de ce bâtiment de 25 m sur 70 m, il est très lumineux et bien aéré. La ventilation a été particulièrement soignée. "Nous avons choisi une couverture en tôles acier, avec revêtement renforcé compte tenu de la proximité avec la mer. Par ailleurs, nous avons laissé un espace de 1,2 cm entre chaque tôle pour une bonne aération du bâtiment", expliquent les éleveurs, assurant que cet interstice ne pose pas de problème par temps de pluie. "En revanche, question ambiance dans le bâtiment, c'est le top. D'autant que cette ventilation haute est complétée par un bardage perforé de type persienne".
Côté alimentation, les Dac ont été supprimés au profit d'une ration complète distribuée toute l'année. Un choix en lien avec le niveau de production (10 000 kg/VL), avec la gestion d'un troupeau de 150 têtes et en lien aussi avec la situation pédo-climatique de cette exploitation.
"Les vaches vont en pâture, mais ont accès en permanence à la stabulation. On s'aperçoit d'ailleurs que dès que l'herbe diminue dans la parcelle, elles rentrent d'elles-mêmes manger à l'étable", observent les éleveurs. La ration distribuée est à base de maïs complété de soja, d'aliment liquide et de tourteau de colza. Avec une mention spéciale pour ce dernier aliment. "Les vaches en raffolent. Ce tourteau de colza provient des cultures de l'exploitation (15 ha) avec contrat de reprise du tourteau après extraction de l'huile par première pression à froid. Sur le plan production, il n'y a pas photo avec ce complémentaire azoté. La production augmente, avec en prime une baisse du TB".
Didier Le Du