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Environnement / Changement des pratiques : Une démarche collective pour mieux gérer les phytos
 
Avec l'arrêté de septembre 2006, la conditionnalité des aides et la loi sur l'eau, le contexte réglementaire s'est étoffé pour les utilisateurs de produits phytos. Ces réglementations et les contraintes qui en découlent montrent l'intérêt du Crodip, une structure créée il y a 9 ans. "L'objectif était de contribuer à la restauration de la qualité de l'eau en Bretagne par une sensibilisation des agriculteurs aux bonnes pratiques à travers les diagnostics de pulvérisateurs", résume Jean-Luc Corrignan, qui présidait sa dernière assemblée. La Charte des prescripteurs avait posé les premiers jalons au travers des fermes pilotes. La mise en place du Crodip a prolongé cette démarche par des actions de terrain.

Pulvérisateurs en bon état

Le diagnostic des pulvérisateurs est une démarche volontaire où l'agriculteur fait appel à une structure agrée (74 agents) pour l'analyse de 11 points de son appareil, de l'état de la rampe, au débit, au dosage/ha. Le rapport précise les réparations à effectuer. Si le pulvérisateur est en bon état de fonctionnement, une pastille verte et une attestation officielle sont remises. La démarche est soutenue par 23 distributeurs, (coopératives, négoce) qui mettent à disposition leurs sites pour accueillir ces contrôles.

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De gauche à droite Jean-Luc Corrignan, ancien président du Crodip, Richard Guillouët, animateur et Jean-René Menier, nouveau président.

"C'est le seul diagnostic, reconnu par l'administration en Bretagne, (programmes bassins versants) mais également dans les différents cahiers des charges de type Agriconfiance", souligne R. Guillouët, animateur du Crodip. Le diagnostic est préconisé tous les 3 ans. Son coût réel est inférieur à 60 euros (subvention déduite). En 9 ans, 15 000 diagnostics ont été réalisés. L'objectif 2007-2008 est ambitieux avec 2500 diagnostics.
La Loi sur l'eau prévoit un contrôle obligatoire des pulvérisateurs à partir de 2009, par périodes de 5 ans. Dans ce contexte, le Crodip est en cours d'accréditation Cofrac (il pourrait devenir le premier organisme agréé en France dans ce domaine). "Notre ambition est d'être une entreprise pilote pour les autres régions et la référence en matière phytosanitaire dans le Grand Ouest. Ce serait un gage supplémentaire de sérieux et de compétence, basé sur un rapport de confiance et de fidélisation", déclare le nouveau président, Jean-René Menier.

L'aménagement du site phyto

Le diagnostic phytosanitaire du siège d'exploitation est un chantier plus récent. C'est une démarche volontaire qui vise à combattre les pollutions ponctuelles. "Elle consiste à analyser les équipements et les pratiques et à faire des propositions d'aménagement, d'équipements ou de modification des pratiques", explique R. Guillouët. Réalisé par un technicien agréé, le diagnostic s'appuie sur un entretien et une visite d'exploitation qui analyse 7 points du stockage des produits à la gestion des déchets. Les propositions d'aménagement sont détaillées dans un rapport.
82 techniciens bretons (organisations économiques, Chambres) ont été formés. À ce jour, 1 000 diagnostics ont été réalisés et autant devraient l'être en 2007. Le coût réel (après déduction des aides Conseil régional) est de 250 euros et des subventions de 40 % (montant maxi de 1 000 euros) peuvent être octroyées pour l'aménagement si l'exploitation dispose d'un local de stockage, d'un poste de remplissage et d'une cuve de rinçage. "C'est un dossier très technique où les agriculteurs ont besoin d'être accompagnés dans leur démarche, par un technicien formé, afin d'être en phase avec la réglementation. L'agrément des agents est un gage du sérieux de la démarche".

Proximité et pédagogie

La mission principale du Crodip est de contribuer à la restauration de la qualité de l'eau, avec pratiquement le rôle d'une "interprofession des phytos". "Nous voulons conserver ce lien de proximité avec les agriculteurs par le réseau des agents agréés (pulvé) et des techniciens. Il faut également conserver cette approche pédagogique, d'explication aux agriculteurs. C'est un outil essentiel pour faire face à la problématique actuelle des phytos en Bretagne", déclare J.R Menier.

Patrick Bégos



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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Juin 2007
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