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Hier, les exploitations légumières malouines étaient toutes familiales. Aujourd'hui, elles deviennent pour un nombre grandissant de véritables entreprises", a fait remarquer Pierrick Gauvin, président de Terres de St-Malo, lors de l'assemblée générale de la coopérative, le 11 mai à St-Méloir-des-Ondes. "D'autre part, les orientations évoluent entre ceux qui font de la pomme de terre à assez grande échelle et ceux qui n'en font pas, entre ceux qui contractualisent et ceux qui ne le font pas… Par ailleurs, et quelles que soient les cultures, les écarts de rendement sont très importants pour des raisons diverses", précise le président.
Il ajoute : "40% des producteurs réalisent 10% du chiffre d'affaires (CA) et 10% des producteurs représentent plus de 30% du CA". Face à ce constat, le Conseil d'administration de Terres de St-Malo souhaite proposer aux adhérents une approche de conseil individuel, "afin de définir des objectifs par exploitation". "Il devient difficile d'avoir un discours adapté collectivement".
Concernant les outils d'expérimentation, les producteurs demandent que "la Bretagne légumière soit mise à parité avec les autres régions dans le contrat de projet démarré depuis janvier. Nous rappelons qu'en moyenne, la Bretagne percevait 18% de son budget de fonctionnement par l'Office quand la moyenne nationale était de 27%. Par ailleurs, dans l'attente de la version définitive de la nouvelle OCM (Organisation commune de marché) fruits et légumes, les légumiers continuent d'expliquer, à Paris comme à Bruxelles, "l'intérêt de mettre en œuvre de vrais outils de gestion de marché avec des moyens significatifs". Les producteurs sont attachés à la mise en place d'un fonds de mutualisation, "sur le principe de la caisse poireau, avec un abondement des pouvoirs publics à hauteur des cotisations professionnelles".
Des gains dans le transport
Evoquant les difficultés rencontrées l'hiver dernier (les camions ont été bloqués 5 jours, par principe de précaution, du fait de l'annonce d'une période de froid), Pierrick Gauvin rappelle le rôle essentiel joué par le transport en matière de compétitivité. "C'est pour cela qu'à la suite des producteurs AB, nous avons pris la décision de généraliser l'utilisation du plateau de 17 cm de hauteur pour les calibres 8 et 11 en chou-fleur et pour tous les choux-fleurs verts. Bien sûr, cela est plus compliqué à gérer dans la remorque, mais le gain de 18% de produit par palette ne peut pas être négligé".
Intervenant lors de l'assemblée, Jean Ollivro, professeur de géographie à l'Université de Rennes 2, confirme que l'organisation logistique fait partie des enjeux majeurs pour la Bretagne. "Elle devrait être ouverte par la mer : une route gratuite sur laquelle le gel n'a pas de prise". Face à l'ampleur des nouvelles constructions en zones périurbaines et littorales, les légumiers expriment des inquiétudes : de quel espace agricole disposeront-ils demain ? Aux yeux de Jean Ollivro, "l'économie résidentielle, concept diffusé de Paris, pourrait être une faillite pour la Bretagne. Nous devons garder les jeunes, les diplômés, l'appareil productif dans la région".
Des opportunités
Parlant des opportunités qui s'offrent à la Bretagne, le professeur met en avant les atouts climatiques, le savoir-faire organisationnel, les structures coopératives… Il précise que la communication "Bretagne et santé" pourrait être valorisée, et que des réseaux avec des Bretons présents à l'étranger (Pologne par exemple) pourraient être davantage activés. Pour lui, il faut développer une exportation productive, sans négliger les circuits courts et les marchés locaux.
Agnès Cussonneau
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