|
A ceux qui pensent que l'on règlera les problèmes environnementaux par une baisse du potentiel de production, je dis qu'ils se trompent. Le maintien du potentiel à l'échelle de l'exploitation et du territoire est un impératif pour préserver l'équilibre et la bonne santé économique de notre secteur d'activité ». déclarait Yves Le Gourrierec lors de la session Chambre en faisant allusion aux problèmes des bassins versants en contentieux.
Les élus soulignent le caractère disproportionné des décisions européennes au regard des résultats enregistrés en Bretagne sur la qualité des eaux. Ils affirment leur solidarité avec les 1800 agriculteurs des bassins versants et considèrent d'ailleurs que ce plan pourrait rapidement concerner toute l'agriculture bretonne. La délibération concernant ce contentieux a été approuvée par l'ensemble des élus à l'exception de Jean Louis Le Normand, représentant la Confédération Paysanne. « Ce contentieux est très vieux » s'est-il expliqué « C'est le modèle de développement breton qui est en cause. Il ne faut pas se diviser mais trouver un projet commun qui permettrait de mobiliser des fonds vers une autre agriculture ».
Il a également critiqué le mode de communication de la Chambre et notamment les « flashs info cultures » qui, selon lui, ne traduisent qu'une seule façon de produire. Pierre Daniel, en charge du pôle agronomie à la Chambre lui a répondu « Ces informations proviennent d'expériences de terrain qui servent de référence, réalisées avec des agriculteurs soucieux de leur portefeuille. Il s'agit, en outre de conseils neutres ».
Des productions en crise
Autre dossier chaud du moment, l'aviculture a également fait l'objet d'une vive discussion « Nous n'avons pas à subir les incompétences des politiques commerciales des industriels » a déclaré Jean Michel Choquet qui a déploré l'absence de Gastronome, numéro 3 français à la réunion de la mi-avril entre abatteurs et producteurs. «Cette absence a bloqué les discussions ». Les élus préconisent une indexation du prix payé au producteur sur l'évolution des charges, énergétiques et alimentaires notamment, afin d'assurer une évolution minimale de rémunération de l 'éleveur. Des rencontres avec la grande distribution, notamment Carrefour qui représente 30% du volume des ventes en France, sont prévues prochainement. « Lorsque l'on offre deux poulets au consommateur pour le prix d'un, on se moque des producteurs » s'est-il écrié.
Le veau de boucherie a également fait l'objet d'une délibération lors de la cession. « Les 160 éleveurs du département ont réalisé des investissements de mise aux normes “bien être” ces dernières années. Ils sont endettés et ne peuvent supporter les ruptures dans les mises en place » a déploré Franck Guéhénnec en soulignant la nécessité d'élaborer un plan d'adaptation de la capacité de production compte tenu du déséquilibre structurel entre production et consommation. Les élus demandent donc à l'Etat de dégager des moyens financiers d'urgence dans l'attente de mesures plus structurelles.
Plus généralement, Yves Le Gourrierec s'est réjoui d'avoir fixé un cadre de référence (Projet Agricole Départemental) dont les grands axes sont la recherche de la rentabilité économique et l'optimisation des des moyens de production. «Compte tenu des différences de marges observées entre exploitations pour une même production, nous avons plus à gagner en travaillant sur nos coûts de revient qu'en cherchant à augmenter nos volumes de production » a notamment déclaré Laurent Kerlir. La nouvelle équipe est à pied d'oeuvre, la composition des différents comités, commissions, groupes de travail est désormais connue.
Bernard Laurent
|
|